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Défis missionnaires actuels

Défis missionnaires actuels

Réalités et défis missionnaires actuels

1/ Au 20ème siècle, on a assisté à un déplacement important du centre de gravité du christianisme : du Nord vers le Sud – et de l’Occident vers l’Asie orientale.

En 1900 : 95% des chrétiens se trouvaient dans le monde occidental

En 1960 : 50% des Evangéliques étaient occidentaux et 50% étaient non-occidentaux.

En 2000 : Plus de 70% des Evangéliques se trouvent dans les pays du Sud (Amérique Latine – Afrique – Asie du Sud-Est – ils seront plus de 80% en 2025.

On compte près de 600 millions de Pentecôtistes et Charismatiques aujourd’hui (27% de tous les chrétiens) – Ils seront 800 millions en 2025

A noter : on compte 34.000 dénominations dans le monde (chiffre doublé depuis 1975)

260 millions de chrétiens (1 sur 7) vivent dans la plus grande pauvreté

1,2 milliards de chrétiens sont illettrés et ne peuvent donc pas lire la Bible.

75% des Pentecôtistes et Charismatiques vivent dans les pays en voie de développement. Ils vivent en majorité dans des villes, ils y a plus de femmes que d’hommes, les moins de 18 ans sont majoritaires par rapport aux adultes, et ils sont plutôt pauvres que riches.

Les Eglises du Sud ont une théologie plus conservatrice que celles du Nord. Elles sont profondément engagées dans une expression surnaturelle de leur foi (guérisons, miracles, délivrances démoniaques, dons spirituels) et dans la manifestation d’un Jésus puissant et confrontation du monde des ténèbres.

Conséquences pour la mission mondiale

« Les visages blancs sont remplacés par des visages jaunes, noirs et métis. »

Le nombre de missionnaires et d’agences missionnaires venues des pays du Sud ne cesse d’augmenter.

On compte en 2005 : 200.000 missionnaires transculturels protestants – la moitié vient des pays occidentaux, la moitié viennent des Pays du Sud.

Si le rythme actuel se poursuit, en 2025, 80% des missionnaires viendront du Sud (la force missionnaire occidentale diminue de 5% par an – 7650 personnes)

On note ainsi sur le terrain missionnaire :

  • Un mélange de cultures au sein des équipes missionnaires
  • Des différences dans l’approche de l’évangélisation, de l’implantation d’églises, selon l’arrière-plan culturel des missionnaires (occidentaux ou non occidentaux)
  • Les églises des pays du Sud gagnent en confiance en elles mêmes :
    • elles veulent affirmer et développer leur potentiel
    • un leadership autochtone mûr se lève, fort, autoritaire, prêt au sacrifice, visionnaire.

2/ Défis actuels pour la mission mondiale

Pourquoi l’Ordre Suprême n’a-t-il pas encore été accompli ?

2-1 : Les peuples non atteints et les peuples non évangélisés

10.000 unités ethno linguistiques n’ont pas entendu la Bonne Nouvelle. Cela représente plus de 2 milliards de personnes qui vivent dans les parties les moins évangélisées du monde, et plus de 380 millions de personnes qui vivent dans une culture dans laquelle il n’existe aucune église professante.

Ex de peuples à atteindre : les NOMADES BERGERS en Afrique et au Moyen-Orient : 20 millions de personnes (dont 96 groupes musulmans)

2-2 : Défi spirituel

Satan ne cède pas le terrain sans livrer bataille. Plus de chrétiens sont morts martyrs au 20e siècle qu’au cours des 19 siècles précédents additionnés.

La détérioration des libertés religieuses : Les chrétiens sont les personnes les plus persécutées sur la terre aujourd’hui. 200 millions de chrétiens vivent dans des régions à risques –

Les pays musulmans et communistes présentent les plus grandes restrictions.

2-3 : Défi démographique

2-4 : Défi ethnique

Barrières géographiques : éloigné, climat difficile, accès difficile, peuples nomades.

Barrières linguistiques : analphabétisme, pas de traduction de la Bible, langue non écrite, difficulté dans la terminologie.

Barrières culturelles : persécutions, fermé au changement, christianisme vu comme la religion « des étrangers ».

2-5 : Défi politique :

Un monde en conflits : On dénombrait 38 conflits majeurs en 2000 (10 en 1960) qui affectaient 21 millions de personnes – 90% des décès sont des civils.

Conséquences : les Réfugiés et les Déracinés

On comptait 37 millions de réfugiés et déplacés dans leur propre pays en 2001, pour cause de guerres, persécutions et pauvreté – 50% sont des enfants.

Ex en Afrique : Darfour – L’Est de la RD Congo et la région des Grands Lacs

On estime que 227 millions de personnes on vécu une catastrophe naturelle en 2000, 83% habitent en Asie.

2-6 : Défis liés à l’Eglise

  • Déséquilibre dans la répartition des missionnaires : Plus de 87% des missionnaires dans un pays étranger travaillent parmi des populations déjà christianisées. Pour chaque million de Musulmans non atteint, il y a moins de 3 missionnaires.Seulement 6% de la force missionnaire travaille parmi les musulmans (15% de la population mondiale)
  • Déséquilibre dans les finances pour la mission : Sur 1€ donné par un chrétien dans une église (toutes causes confondues), combien revient à financer un travail pionnier d’implantation d’église parmi des non atteints ? – Réponse = ½ Cent !

2-7 : Pauvreté – maladies – Sous-développement – marginalité

La pandémie du SIDA : Plus de 42 millions de personnes sont affectées par le SIDA – dont 29 millions en Afrique – On compte 13 millions d’orphelins du SIDA en Afrique –

En Afrique : les femmes et les jeunes filles sont atteintes en priorité – le SIDA tue les enseignants plus vite que les écoles n’en forment de nouveaux.

Les pauvres – les oubliés – les marginaux :

Plus de 1,2 milliards de personnes vivent avec moins d’1 $ par jour –

1 personne sur 6 sur terre n’a accès à aucune forme de soins de santé –

55 pays (représentant 1 milliard de personnes) n’ont pas d’accès à l’eau potable –

20% de la population mondiale détient 85% du revenu mondial total.

2-8 : Les Enfants et les Jeunes

30% de la population mondiale a moins de 15 ans, et 90% de ces enfants et jeunes vivent dans les pays en voie de développement et en Europe de l’Est.

70% des naissances ont lieu dans des foyers non chrétiens –

La grande majorité des personnes prennent une décision significative de conversion qui influence leur vie avant 20 ans.

2-9 : Les Femmes

70% des pauvres et 66% des illettrés dans le monde sont de sexe féminin

Dans les PVD: La proportion de femmes engagées à tous les niveaux d’études est de 30 % – Elle est de 81% en Occident

On a remarqué la corrélation suivante : Plus les femmes sont alphabétisées, plus on note un changement significatif dans la baisse de la mortalité infantile, l’espacement des naissances et le développement économique.

2-10 : Les villes du 21ème siècle

1 milliard de personnes ont immigré vers les grandes villes à la fin du 20e siècle. 1,2 milliards de chrétiens (62%) sont des citadins –

En 2025, plus de 25% de la population mondiale sera constituée de pauvres qui vivront dans des bidonvilles des méga-cités des pays en voie de développement. Celles ci sont en constante augmentation.

On dénombre plus de 100 millions d’enfants de la rue dans les villes du monde actuel – 25% d’entre eux dorment et travaillent dans la rue.

2-11 : Le réveil des fondamentalismes religieux

Prés d’1,5 milliards d’hommes se disent musulmans.

Le bouddhisme, l’hindouisme et autres religions orientales sont redevenues « conquérantes » et parfois agressives.

Les religions animistes traditionnelles et l’occultisme se sont réveillés dans toutes les parties du monde.

Différents types de travail missionnaire

Différents types de travail missionnaire

Quels missionnaires pour le 21ème siècle ?

« Les missionnaires actuels ne conviennent plus aux modèles traditionnels »

I) Différents types de travail missionnaire

 

I-1 : Travail pionnier (long terme)

Il y a besoin urgent de missionnaires pionniers de toutes nations, de tous horizons, ayant toutes sortes de compétences, pour atteindre les 2,5 milliards d’hommes et femmes les moins évangélisés de la planète.

Il faut : des évangélistes – des planteurs d’églises – des traducteurs de la Bible – des techniciens – des informaticiens – des spécialistes en développement – des personnels éducatifs, médicaux, agronomes – etc.. car les stratégies sont multiples, les champs d’action très variés, d’un peuple à l’autre.

Ces missionnaires s’engagent sur du long terme.

I-2 : La formation

Pour la formation biblique, les structures peuvent être classiques (Ecoles et Instituts bibliques) ou plus pragmatiques (formation décentralisée).

Il est important de former également des gestionnaires, des administrateurs, des leaders nationaux, des cadres pour divers domaines de l’œuvre de Dieu (œuvres sociales, développement)

La formation est un besoin encore pressant, même dans des pays où la proportion de gens christianisés est importante : c’est une réponse au christianisme de surface.

Phinehas DUBE, Pasteur nigérian, a écrit récemment au sujet de l’Eglise en Afrique :

« The Church in Africa is : one mile wide, but one inch deep »

I-3 : Le développement

La perspective « holistique » est de plus en plus un souci dans l’œuvre missionnaire : l’approche de l’Evangélisation prend en compte les besoins de l’homme dans son intégralité (corps – âme – esprit). Le ministère de compassion pour les hommes et pour la justice sociale accompagne l’annonce de l’Evangile.

I-4 : Aide en urgence – aide humanitaire

Ce sont des personnels très spécialisés, qui interviennent de façon rapide et précise dans des situations urgentes et traumatisantes : catastrophe naturelle – guerre ou conflit armé – déracinement de population – épidémie – famine – etc.

Ex : médecins et personnels soignants – logisticiens – constructeurs d’abris – transporteurs de matériel – etc.

Leur temps et moyens d’action sont limités au « temps de crise » : leur action est souvent relayée par des actions de développement et de reconstruction.

I-5 : Missionnaires non résidents

Ce sont des personnes qui vivent en dehors de la région géographique d’un groupe visé, mais qui mènent un certain nombre d’activités pour atteindre ce groupe. Ils utilisent toutes sortes de ressources disponibles dans leur pays d’origine pour l’évangélisation, et les concentrent sur la population visée, pour un plus grand avantage stratégique.

Ce type de missionnaire n’est pas en concurrence avec les autres ouvriers, qui utilisent d’autres approches. Tous les autres ministères et autres ressources sont pris en compte et renforcés dans le but d’atteindre un peuple donné.

Son lieu de résidence n’est pas forcément près du peuple à atteindre : c’est plutôt un endroit stratégique, un carrefour de communications et de ressources (souvent un centre urbain).

C’est un homme qui travaille en réseau, avec de multiples partenaires (personnes, églises, œuvres, etc.). Il est inconcevable pour lui de travailler individuellement auprès d’un peuple, ni même avec une seule dénomination. Il a une capacité de catalyser des centaines d’agents évangélistes pour un effort concerté.

II/ Deux manières de financer le ministère

Dans le Nouveau Testament, on trouve deux manières principales de financer le ministère : en étant « faiseur de tentes » ou en recevant un soutien des églises. Les deux sont légitimes. C’est le contexte qui détermine si l’on choisit l’un ou l’autre.

* Dans un cadre pionnier païen, Paul a choisi d’être faiseur de tentes, pour être crédible et efficace. C’était une motivation non pas théorique, mais stratégique et contextuelle. C’était une conviction profonde pour lui. (1 Corinthiens 9,12)

2 Cor 11,7-10 = Paul ne veut pas être un fardeau pour les autres, de quelque façon que ce soit.

2 Thessaloniciens 3,9-10 = Il encourage les autres à faire de même.

Philippiens 4, 16 / Actes 18,5 : à d’autres moments, Paul vit avec les dons des églises.

* Paul a montré l’exemple du style de vie pionnier missionnaire : il était faiseur de tentes. Pour lui, il n’y avait pas d’écart entre travail séculier et travail spirituel.

* Le modèle du ministère à plein temps (soutenu financièrement à 100%) n’est souvent pas applicable pour les structure émergentes des pays du sud : c’est trop coûteux, et dans beaucoup de cas ce n’est pas la meilleure stratégie. Pour les missionnaires occidentaux, la recherche du soutien financier devient également un souci important.

Compte tenu du contexte politique, religieux, social de nombreux pays aujourd’hui, l’approche des « faiseurs de tentes » est la seule possible.

III/ Le travail de faiseur de tentes comporte un mandat stratégique.

Les faiseurs de tentes ont 8 arguments :

  1. Ils sont mieux acceptés et plus crédibles aux yeux de la population locale.Un missionnaire étranger soutenu à 100% par de l’argent étranger est considéré comme suspect par la population.Pour que la population accepte le message, il faut d’abord qu’elle accepte le messager (1 Cor 9,12). Celui ci est avant tout témoin.
  2. Ils s’identifient plus facilement avec la population locale.Paul suivait l’exemple de Jésus (Philippiens 2, 5-10 / 1 Cor 4,12) = il travaillait dur de ses mains, comme les autres gens, il gagnait leur respect, et pouvait ainsi atteindre un grand nombre de personnes.
  3. Ils proclament l’Evangile au moyen d’un travail séculier oint du St Esprit.Ils proclament la Parole par leurs actions, pas seulement verbalement. Ils démontrent, par un style de vie authentiquement chrétien, que l’Evangile est aussi efficace dans les choses courantes de ce monde, au milieu des tempêtes de la vie quotidienne.Ex : Un homme d’affaires qui refuse la corruption et la tricherie / Un juge qui applique la justice, sans pots de vin / Un médecin ou une infirmière qui exerce avec compassion et prie pour ses patients.

    Le fruit d’un travail oint de l’Esprit est un témoignage qui ouvre la porte au témoignage verbal de l’Evangile.

  4. Ils sont au moins partiellement autonomes sur le plan financier : C’est un atout important pour les missionnaires issus des pays du Sud.
  5. Ils ont un « pont de relation » naturel avec la population locale, au moyen de leur travail séculier.Le missionnaire payé à plein temps doit créer des occasions de rencontre avec la population autochtone : cela paraît parfois artificiel, anormal, suspect.Le faiseur de tentes s’intègre tout de suite dans le milieu social, il entre rapidement en contact avec des dizaines de personnes et de familles, de façon naturelle, sans attirer l’attention. Il peut faire passer le message de l’Evangile de façon naturelle.
  6. Ils démontrent le modèle d’un style de vie chrétien pour les nouveaux convertis :Dans un peuple non atteint, les nouveaux convertis n’ont aucun modèle, ils n’ont jamais vu de chrétien. Ils ne savent pas comment vivre la morale chrétienne au sein de leur culture.- Paul démontrait la vie chrétienne au sein d’une société immorale, idolâtre et pervertie. Il a aussi forgé chez les nouveaux croyants une solide éthique du travail, car sans cela, il ne peut y avoir de vrais convertis pieux, ni de familles en bonne santé, ni d’églises autonomes, ni une société productive.

    – Les nouveaux convertis doivent aussi apprendre à vivre sans argent extérieur, même dans des conditions menaçantes : le faiseur de tentes est un bon exemple pour eux.

  7. Ils donnent le modèle des bonnes stratégies de soutien et d’exercice du ministère, pour les futurs dirigeants des jeunes églises.Au sein du mouvement d’implantation d’églises de maisons, celles-ci sont dirigées par des chefs de foyers qui travaillent et entretiennent leur famille. Les dirigeants ne sont pas salariés de l’église. Quand les missionnaires pionniers montrent le modèle (faiseur de tentes), cela paraîtra normal aux jeunes dirigeants de vivre selon ce même modèle.C’est seulement quand le réseau de cellules de maisons sera assez important que les besoin de conducteurs à plein temps apparaîtra nécessaire : le potentiel financier sera alors suffisant pour établir de tels ouvriers, sans aide extérieure.
  8. Le modèle de faiseurs de tentes peut être multiplié plus facilement.Le système missionnaire classique (envoyer des ouvriers payés à plein temps) est trop restreint face aux besoins actuels. Il ne permet pas d’envoyer des multitudes, mais seulement quelques troupes.Les faiseurs de tentes sont aussi des missionnaires « à plein temps ». Le Nouveau Testament parle plus du style de vie, en matière d’évangélisation, que de techniques. Le faiseur de tentes est lui même, en tant que personne, l’Evangile, la bonne odeur de Christ.

Comment choisir la bonne activité de faiseur de tentes ?

Il faut considérer 4 facteurs :

  1. Les dons et capacités du missionnaire : Chacun peut exercer dans un domaine où il a des dons ou une formation.
  2. La formation séculière du missionnaire. Selon le métier qu’il a appris, le faiseur de tentes pourra continuer à exercer sa profession, au milieu de gens non atteints.
  3. La réalité du pays de destination. Toute activité n’est pas opportune dans n’importe quel contexte : quand on veut atteindre une nouvelle région, un nouveau peuple, il faut étudier soigneusement quelles activités sont possibles, quels types de missionnaire (et quels dons) seront efficaces.
  4. Les opportunités de travail dans la zone ciblée.La mondialisation bouscule la face du monde : même les pays fermés à l’Evangile ont besoin de certains types de travailleurs étrangers (ex : au Moyen Orient). Ceux ci peuvent être hautement qualifiés (ingénieurs – médecins – informaticiens – enseignants) ou sans qualifications (manœuvres – nourrices).

Aspects et éléments essentiels de la préparation d’un missionnaire

1/ Développer les qualités spirituelles du futur missionnaire

Voici 8 qualités spirituelles majeures :

  1. Caractère
  2. Attitudes
  3. Marche spirituelle
  4. Appel
  5. Engagement personnel
  6. Fondement biblique et théologique
  7. combat spirituel
  8. Attentes personnelles

La formation spirituelle vise à former l’être, avant le « faire » ou le savoir. Elle aide les jeunes missionnaires à acquérir une vie de piété personnelle stable, disciplinée. La maturité spirituelle est une clef pour persévérer et demeurer efficace dans le service chrétien.

2/ Développer les capacités relationnelles du futur missionnaire.

  • Connaître l’éthique de l’agence missionnaire, ceux qui dirigent à l’arrière.
  • Identifier les attentes du missionnaire par rapport à la vie de groupe.
  • Quelle est son ouverture sociale face aux autres cultures ? Est-il orienté vers les personnes, capable de nouer des contacts ?
  • Etre formé pour le travail en équipe : attention aux attentes irréalistes !
  • Etre formé aux relations interpersonnelles, en milieu transculturel ;
  • Avoir des notions concernant la résolution des conflits, et sur les différences de plus en plus rapprochées entre les générations.

3/ Développer les capacités d’adaptation pour une vie hors de sa culture

C’est un facteur important pour diminuer le stress en arrivant sur le terrain missionnaire, et pour établir d’entrée une meilleure communication.

Ex : cours d’anthropologie culturelle – de communication transculturelle –

Communiquer au jeune missionnaire une attitude d’ouverture, la volonté d’apprendre.

4/ Une formation qui s’adresse à la famille toute entière

La formation doit renforcer l’unité familiale. Elle doit équiper chacun (parents, enfants, célibataires) pour faire face aux pressions liées au ministère transculturel, qui peuvent mettre en péril les relations de couple et de famille.

5/ Une bonne préparation physique

La formation doit enseigner les principes bibliques concernant notre responsabilité envers le corps et la santé que Dieu nous a donnés.

Réflexions concernant le service missionnaire à court terme

Réflexions concernant le service missionnaire à court terme

Réflexions concernant le service missionnaire à court terme

  1. Ceux qui partent doivent se considérer comme des « apprenants ». Il vont pour apprendre sur le terrain.Laissons de côté l’attitude « anti-intellectuelle » qui affirme que le fait de « simplement partir » est la seule chose importante.
  2. Les missionnaires à court terme doivent comprendre qu’ils sont des « invités », et non des spécialistes, surtout s’ils n’ont aucune préparation transculturelle. On ne doit pas leur donner l’impression qu’ils apportent l’Evangile pour la première fois (souvent, l’Evangile a déjà été annoncé depuis des décennies dans les lieux où ils se rendent).
  3. Les missionnaires à court terme doivent prendre conscience qu’il est dangereux de donner des réponses simplistes à des questions culturelles complexes. Ex : les traditions – l’éthique du travail – le mariage – l’expression de la foi – la forme du culte et de l’adoration – etc.Quand on commence à comprendre et apprécier la complexité de la vision du monde de l’autre, on comprend qu’il est nécessaire de former ces missionnaires aux notions transculturelles.Les problèmes de dépendance financière que nous constatons dans beaucoup d’églises créées par les missions, sont souvent le fruit du travail de personnes bien intentionnées, qui sont allées servir en mission sans connaissance de base des principes de vie indigène (y compris le fait que les églises peuvent être autonomes dès leur création).
  4.  Les missionnaires à court terme doivent comprendre que leur témoignage personnel est valable, mais qu’il doit être partagé discrètement. Leur témoignage n’est pas nécessairement la norme pour le monde entier (les personnes vivant sur notre terre ne viennent pas toutes au Seigneur de la même manière que les Occidentaux). Soyons prêts à écouter, à démontrer que nous, occidentaux, pouvons réellement écouter aussi bien que nous parlons.
  5. Il est important de prévenir les missionnaires à court terme que ce qu’ils sont est bien plus important que ce qu’ils fontNe nous laissons pas prendre au piège de « vouloir montrer quelque chose à notre retour ».C’est pour cela que ceux qui se considèrent comme « apprenants », avec une attitude juste, réalisent plus de choses que les « activistes » qui se sentent obligés de laisser une trace derrière eux.
  6. Attention au piège de vouloir montrer quelque chose pour « rentabiliser » l’argent et le temps investis dans l’œuvre.On peut facilement vivre une expérience transculturelle dans son propre pays, dans un quartier cosmopolite d’une ville. Si quelqu’un réussit un travail dans un quartier difficile et qu’il en apprécie l’expérience, c’est un signe qui permet de penser qu’il pourra être efficace et porter du fruit dans un ministère à long terme en milieu transculturel.
  7. Chaque missionnaire à court terme doit être averti des difficultés posées par notre richesse relative comparée à celle des personnes que nous visitons. Il y a alors la tentation de se sentir submergé par la pauvreté, selon notre propre perspective.Il est essentiel de distinguer entre pauvreté relative et pauvreté absolue. Les gens vivants dans une pauvreté absolue ont certainement besoin d’une aide extérieure pour survivre. La pauvreté relative touche les personnes qui ne peuvent pas mener le même train de vie que nous, mais elles sont néanmoins capables de survivre dans la société et l’environnement où Dieu les a placées (certains affirment même : « Nous ne savions pas que nous étions pauvres jusqu’à ce que quelqu’un de l‘extérieur nous le dise »).C’est là qu’il y a un danger de créer des dépendances financières artificielles. Les travailleurs à court terme doivent savoir que leur compassion ne doit pas les amener à faire pour les autres ce que ceux-ci peuvent et doivent faire pour eux-mêmes. La difficulté est parfois de savoir où se situe la frontière entre pauvreté absolue et relative.
  8. Un bon apprenant ne doit pas seulement écouter les gens qu’il visite, mais aussi chercher à apprendre sur l’endroit où il va. (Il existe de bons livres sur la question). Il est également important de lire, prendre des cours, se former sur le sujet de la communication transculturelle.
  9. Assurez-vous des motivations qui vous poussent à entreprendre un voyage missionnaire à court terme !
  10. Autant que cela est possible, partez en mission à court terme avec un groupe de petite taille.Des petits groupes sont plus faciles à loger chez l’habitant (ce qui permet aux participants de mieux s’intégrer dans la vie locale) – Ils dérangent moins l’équilibre de la communauté autochtone.

Conclusion

Pour être efficace dans des missions à court terme, ayons dès le départ une  « attitude juste». Celle ci, combinée avec une bonne formation à la sensibilité culturelle, peut donner à chacun (missionnaires « court termes » et communautés autochtones) une expérience très positive.

Certains missionnaires à court terme, s’ils revêtent une attitude de serviteurs, pourront développer une vocation à long terme, ou devenir des soutiens pour l’œuvre missionnaire pour le reste de leur vie.

Tendances actuelles dans la mission à court terme

Tendances actuelles dans la mission à court terme

Tendances actuelles dans la mission à court terme

Le mouvement des missions à court terme a commencé dans les année 1970 dans le monde anglophone, notamment parmi la jeunesse chrétienne. En 2003, une étude américaine estimait à plus de 1 million le nombre de personnes qui partent chaque année pour un service missionnaire à court terme.

On distingue :

  • Ceux qui partent pour une période de deux à six semaines, le temps de leurs vacances annuelles.
  • Ceux qui partent plusieurs mois, un an, voire jusqu’à deux ans (professionnels qui prennent un temps sabbatique – retraités – jeunes volontaires – etc.)

Les missionnaires à court-terme peuvent vivre une expérience très enrichissante et en même temps avoir un impact positif au sein de la communauté qu’ils vont servir. Pour cela, il faut une préparation convenable.

Diverses expériences :

Jeunesse en Mission (YWAM), Opération Mobilisation (O.M), Youth Evangelism Mission (programme mennonite), et beaucoup d’autres ont mis en place de sérieux programmes de formation pour ceux qui partent à court terme :

  • A la base, une solide formation de disciple
  • Une introduction aux questions transculturelles, notamment : les différences de  vision du monde – comment les gens d’autres religions adorent et pensent. Cela développe la sensibilité aux différences de cultures chez les futurs missionnaires.
  • Une formation au combat spirituel.
  • Une prise de conscience comment nous, occidentaux, sommes perçus par le reste du monde.
  • Une formation aux notions de travail en équipe : celle-ci oblige chacun à prendre d’abord conscience de lui-même en tant qu’individu, de ses forces et ses faiblesses personnelles – ensuite, cela signifie comprendre les autres, ceux qui font partie de la même équipe de service.

Avant d’envoyer ses disciples pour un  service à court terme, Jésus leur a dit : « Soyez prudents comme des serpents, et simples comme des colombes »    – Matthieu 10,16 –  Le fait d’écouter, d’apprendre et « d’être » sont essentiels pour un ministère efficace.

Pourquoi certaines expériences tournent mal …

  1. Dans la préparation des ouvriers à court-terme, on met trop l’accent sur l’aspect « faire du bien aux autres » (beaucoup d’occidentaux veulent aider ceux qu’ils perçoivent comme étant dans le besoin). Le « faire » (ce que nous accomplissons) est souvent en contradiction avec « l’être » (qui nous sommes).Danger : parfois on met l’importance sur le « faire », parce que l’on veut absolument faire un rapport en rentrant sur « ce que nous avons réalisé » !

    Attention : les missionnaires à court-terme peuvent revêtir un air de supériorité. Ils jugent les autochtones, sur la base de leurs propres convictions. Les besoins ressentis, les standards de vie ne sont pas les mêmes.

  2. En tant qu’occidentaux, nous considérons souvent dans notre arrière-plan que les « expatriés » peuvent faire le travail mieux que les « locaux ». Il y a encore derrière cela un sentiment de supériorité, une arrogance, qui sont très vite perçus par les autochtones.
  3. Les occidentaux donnent souvent l’impression que leur richesse constitue le secret pour aider les gens à entrer dans une juste relation avec Dieu.Nous devons apprendre qui est réellement pauvre, et comment l’aider de façon appropriée. Il y a des personnes que nous devons réellement aider : le défi est de trouver comment les aider, sans leur laisser l’impression qu’elles sont trop faibles, trop désespérées et trop peu informées pour pouvoir faire quelque chose elles-mêmes pour leur situation. Souvent, des églises dépendantes de l’extérieur vivent au milieu de ressources adéquates pour elles-mêmes et pour le travail que Dieu les appelle à accomplir.
  4. Examinons la question de la propriété : trop souvent, les expatriés se considèrent comme « propriétaires » des projets dans lesquels ils sont impliqués. Ils font des œuvres « pour les autochtones » : cette mentalité n’est pas acceptable.
  5. Les ouvriers à court-terme ont souvent une formation inadéquate pour communiquer l’Evangile de manière transculturelle. Ceci est un art difficile !Cela concerne par exemple : la gestuelle – le contact visuel – le toucher – le langage – etc. Très souvent, nous enfreignons malgré nous les règles sociales.

Comment corriger de telles attitudes ?

  • Envoyons un groupe de missionnaires à court-terme pour apprendre, et non pour transmettre un savoir-faire occidental.
  • N’isolons pas ce groupe dans une base missionnaire où l’on vit «à l’européenne» ni dans un hôtel occidental. Permettons aux courts-termes de vivre humblement et avec reconnaissance dans les foyers de leurs hôtes autochtones.
  • Orientons les missionnaires à court-terme vers une attitude d’apprenants, laissant de côté les comportements de supériorité et étant ouverts aux idées des autochtones.
Comment faire progresser la mission à court terme ?

Comment faire progresser la mission à court terme ?

Le concept de mission à court terme est apparu dans les années 1980.
Quel est le but des missions à court terme ? Que se passe-t-il dans un séjour à court terme ?

Comment faire progresser la mission à court terme ?

  1. Passer de la notion « d’événement pour les jeunes » à celle de « programme missionnaire ». Les voyages missionnaires doivent être mieux réfléchis, pour entrer dans le cadre d’une vision suivie et d’un effort qui se prolonge d’une année sur l’autre.Pratiquement : on peut programmer une progression et des défis spirituels de plus en plus grands sur plusieurs années consécutives. Exemple :
    • 1ère année : évangélisation locale
    • 2ème année : voyage de découverte missionnaire en terre de mission
    • 3ème année : évangélisation transculturelle en mission

    Ainsi, d’année en année, les jeunes suivent un processus qui les conduit à une maturité spirituelle et un engagement plus grands.

  2. Donner une plus grande responsabilité à l’égard de l’argent.Mieux on comprend où va l’argent, plus on se sent responsable ; à l’inverse, plus on est ignorant, moins on se sent responsable ! Il convient d’évaluer des sommes raisonnables qui peuvent être investies pour des voyages missionnaires, et rendre compte à la communauté, à ceux qui soutiennent la mission.
  3. Passer de la notion de « camp de vacances » à celle de « mission à court terme ».La jeune génération n’a pas besoin de « loisirs supplémentaires ». Les jeunes ont besoin d’expériences qui favorisent leur vie spirituelle et produisent des changements profonds dans leur vie. Tout en proposant aux jeunes envoyés en mission à court terme un service pratique, on doit leur donner des occasions concrètes pour rendre témoignage de Christ.
  4. Ne pas s’arrêter à un phénomène de « mode » !De plus en plus de jeunes se rendent chaque année en mission à court terme. Celles-ci produisent chez eux un impact positif. Il est nécessaire de développer ces occasions et de les rendre de plus en plus enrichissantes, efficaces.
  5. Insister de plus en plus sur la préparation.Les missions auront d’autant plus de succès et d’impact si les jeunes sont bien préparés. Cette préparation commence par une bonne formation au discipolat dans l’église locale. Ensuite, il faut se procurer les moyens et le matériel nécessaires (en accord avec les agences missionnaires par exemple).
  6. Passer d’une « expérience de vacances » à un ministère continu.Pour tirer véritablement profit d’une mission à court terme, les jeunes doivent avoir l’occasion, après leur retour, de prolonger tout ce que leur expérience sur le terrain a déclenché en eux.

    Par exemple :

    • Prévoir dans l’église locale, un programme missionnaire régulier, qui fait suite à l’expérience sur le terrain.
    • Soutenir un projet missionnaire.
    • Poursuivre un ministère d’aide auprès de ceux qui sont dans le besoin autour de nous.
  7. Un plus grand engagement des églises locales, des groupements et réseaux d’églises.Les églises et mouvements d’églises qui prévoient et regardent en avant pour la jeunesse ont l’occasion de préparer une nouvelle génération de missionnaires.

    Lorsque les relations entre églises s’intensifient, les groupes peuvent se mélanger pour partir en mission à court terme, étendre leurs relations et enrichir leurs expériences, tout en diminuant leurs frais de voyages.