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Groupe ethnique ou peuple

Groupe ethnique ou peuple

Groupe ethnique ou peuple :

Ces unités ne correspondent pas aux entités politiques connues, ni aux entités géographiques classiques.

Un peuple est défini comme un regroupement sociologique de personnes qui ont en commun la même origine ethnique, la langue, le système religieux et les croyances, le lieu de résidence, la situation sociale (classe, caste), etc.

Différentes approches par rapport à la notion de groupes ethniques :

  1. On définit les « blocs de peuples », selon des grandes lignes culturelles, et en accord avec la religion prédominante au sein de ce groupe. On dénombre 11 blocs majeurs.
    Cette approche permet d’avoir une vision large et globale, et de définir des partenariats stratégiques en rapport avec ces groupes.
  2. Les « peuples ethnolinguistiques » : ce sont des groupes ethniques, distingués par leur identité propre, avec les traditions d’une origine commune, leur histoire, leurs coutumes et leur langue.
    On a recensé 13 000 groupes ethnolinguistiques majeurs sur terre – 2 000 restent non-atteints en 2005.
    Les profils de ces peuples sont disponibles. Cette approche a permis une grande mobilisation pour la prière au sein du Corps de Christ, ainsi que la mobilisation et la préparation pour un effort stratégique et planifié, afin d’évangéliser ces peuples.
  3. Les « groupes sociaux » : il s’agit d’une association restreinte de « pairs », qui ont un terrain d’affinité fondé sur un intérêt commun, une activité, ou une occupation.
    Cette approche est souvent précieuse pour un travail d’évangélisation pionnière dans une nouvelle culture : il s’agit de commencer avec un groupe « homogène ». Ce sera un pont pour ensuite aller plus loin, dans une stratégie d’implantation d’églises. Attention de bien choisir le(s) groupe(s) que nous ciblons, afin de ne pas être perçu comme une menace pour la société ambiante.
  4. Les peuples « UNIMAX » : « a MAXimum sized group sufficiently UNIfied to be reached by a single indegeneous church planting movement. ».
    C’est le groupe dans sa dimension la plus étendue, dans lequel l’Evangile peut se répandre librement comme un mouvement d’implantation d’églises, sans rencontrer de barrières de compréhension ou d’acceptation.

Ce sont des sous-groupes des groupes ethnolinguistiques. Des groupes ayant une même langue peuvent être radicalement séparés par des distinctions de religion, classe sociale, l’histoire, l’éducation, les convictions idéologiques ou politiques, les coutumes, etc.

Ex : L’INDE ne peut pas être abordée sur la seule base ethnolinguistique. Il y a 1 600 langues, mais 4 600 peuples, à cause des castes, des religions, etc.

On recense sur terre 24 000 groupes Uni Max, dont 10 000 groupes restent non-atteints en 2000.

Tragique réalité : Les barrières les plus résistantes à l’Evangile pour 2 Milliards d’hommes, sont celles qui reposent sur la haine et les préjugés entre les peuples, sur les divergences de culture.

Des peuples voisins, mais ennemis, refusent de faire partie du même mouvement d’implantation d’églises : dans un 1er temps, on doit les aborder séparément.

L’approche « Unimax » permet de mieux achever la tâche : les facteurs qui bloquent l’extension de l’Evangile sont identifiés. Les chrétiens sont stimulés dans la prière et dans l’engagement, pour cibler ces groupes délimités, au-delà des barrières, afin que tous soient touchés par l’Evangile.

Dans chaque groupe, l’Evangile doit se répandre dans le groupe tout entier, avec une puissance de vie en sorte que les églises implantées pourront elles-mêmes achever la tâche d’annoncer l’Evangile à toute personne, apporter la guérison des blessures, et transformer la culture.

Peuple non-atteint :

Un peuple est considéré non-atteint lorsqu’il n’y a pas en son sein une église indigène capable d’évangéliser son propre peuple sans une aide extérieure.

→ Il peut y avoir des convertis, et même quelques églises autochtones, mais le potentiel pour atteindre tout le groupe ethnique (hommes, moyens d’évangélisation, traduction de la Bible, etc.) est insuffisant.

Le peuple est « atteint », dès lors que l’église autochtone est capable d’apporter l’Evangile à tout le groupe ethnique (les missionnaires peuvent partir !)

Peuple non-évangélisé :

Ce sont ceux qui n’ont jamais entendu l’Evangile d’une manière claire et complète : ils peuvent avoir une connaissance partielle ou superficielle de Jésus. Mais ils n’ont jamais eu une présentation de Jésus comme Sauveur, ils n’ont jamais eu l’occasion réelle de répondre à son appel. Ils n’ont aucun contact avec les chrétiens, même ceux qui vivent dans leur nation.

Peuples non-atteints et non-évangélisés représentent au seuil de ce 21ème siècle 2 Milliards de personnes sur la terre.

→ Certains de ces peuples sont assez facilement accessibles, dans des pays qui restent « ouverts » aux missions et aux travailleurs missionnaires classiques.

→ Beaucoup de pays sont « fermés » aux missionnaires : il faut donc trouver d’autres approches, pour atteindre ceux qui ignorent la Bonne Nouvelle.

Evangélisation et mission :

Au sens habituel du terme, l’Evangélisation consiste à annoncer l’Evangile aux personnes qui nous entourent et qui participent à la même culture que nous.

La Mission concerne ceux qui partent annoncer l’Evangile au delà des frontières géographiques et dans un autre cadre culturel.

Notons cependant que les modifications géopolitiques et la mobilité grandissante des populations, ces dernières décennies, ont eu tendance à faire disparaître les limites entre Evangélisation et Mission.

On désigne souvent par « Mission », l’Evangélisation d’un autre peuple, en travaillant avec ceux qui sont déjà atteints au sein de ce peuple (c’est à dire l’Eglise autochtone qui existe déjà parmi ce peuple).

On désigne par « Mission Pionnière » (« Mission Frontiers » en anglais) le fait d’aller dans une autre culture pour travailler à l’Evangélisation d’un peuple non–évangélisé (et dans lequel l’Eglise n’existe pas encore).

La dépendance financière des églises établies par les missions : problèmes et enjeux

La dépendance financière des églises établies par les missions : problèmes et enjeux

La dépendance financière des églises établies par les missions : problèmes et enjeux

(Note : Si vous souhaitez approfondir ce sujet, nous vous recommandons les écrits de Monsieur GLENN SCHWARTZ, Directeur de « WORLD MISSION ASSOCIATES ». Site internet : www.wmausa.org)

Au seuil de ce 21ème siècle, l’un des problèmes majeurs concernant la croissance du christianisme est la dépendance des fonds extérieurs, que beaucoup d’églises, fondées par des missions occidentales, entretiennent.

1/ Le Syndrome de la dépendance financière extérieure.

En général, les leaders d’organisations missionnaires et les leaders des églises concernées sont très embarrassés par ce sujet. Ils savent que cette situation est malsaine pour tous, sans en connaître véritablement le pourquoi, et comment la résoudre.

–> Certains pensent que les églises « financièrement dépendantes » constituent un fait normal, et que rien ne pourra le changer. Ils ne voient rien de mal au fait que les églises d’occident soutiennent d’autres églises, dans d’autres parties du monde.

Ils ne voient pas la nécessité d’établir le principe d’autonomie financière de chaque église, du moment que, sur la terre, certains croyants ont plus de richesses que d’autres.

Certains occidentaux ressentent une certaine culpabilité d’ « être plus aisés », et ils nourrissent implicitement ce système, en cherchant des « partenaires » à sponsoriser.

–> Certains missionnaires ont vécu pendant des années avec un idéal d’autonomie financière, pour les églises autochtones qu’ils implantaient. Mais celles ci ont pris d’autres chemins.

Avec le temps, ils se sont résignés à pourvoir aux besoins, et à solliciter de l’aide extérieure.

Dans certains cas, ces missionnaires résistent même à l’idée de couper l’aide financière extérieure, car les projets qu’ils ont entamés s’arrêteraient, ou se termineraient par un échec !

–> Parmi les leaders des églises autochtones : certains ont été formés par des fonds extérieurs, et ils continuent à recevoir un salaire depuis l’étranger. Ils sont arrivés à la conclusion que leurs gens sont « trop pauvres » pour soutenir leurs églises, notamment pour financer les projets de développement, et entretiennent le système.

Malheureusement, ces églises n’ont jamais la joie d’envoyer leurs propres missionnaires. Certaines sont même incapables de soutenir leur pasteur, ou d’implanter d’autres églises !

–> Dans certains endroits (par exemple : ex Union Soviétique) des autochtones ont planté des églises autonomes. Mais face aux pressions financières, ils cherchent à se relier à des frères, des églises ou missions qui vont les aider avec des fonds extérieurs.

Dans certains cas, ces étrangers les visitent pour quelques jours, puis commencent à les aider pour le salaire du pasteur, ou la construction des bâtiments, etc. Dans ce genre de situation, le syndrome de dépendance se développe en un temps très court.

Les « grands frères occidentaux » peuvent satisfaire leur désir « d’aider » : ils ont passé un bon voyage missionnaire, en s’appropriant des églises devenues aujourd’hui dépendantes !

–> Mais il y a aussi de bonnes nouvelles :

  • Il y a ceux qui avaient l’habitude d’être dépendants, et qui ont fait la transition pour soutenir leur propre ministère avec des ressources locales. Ces églises manifestent de la joie, un sens de la dignité, parce qu’elles expérimentent la faveur de Dieu, grâce au pas de foi qu’elles ont accompli.
  • Il y a aussi ceux qui se sont engagés à implanter de nouvelles églises qui sont autonomes dès leur fondation. Ils savent dès le départ qu’en annonçant l’Evangile, les gens peuvent immédiatement entrer dans une relations juste avec Dieu, sans développer de dépendance malsaine à l’égard d’un soutien étranger.

2/ Comment les Apôtres de Jésus prêchaient-ils la Bonne Nouvelle ?

En regardant le Nouveau Testament, nous voyons que les apôtres, et notamment Paul, n’utilisaient aucun fond extérieur pour implanter des églises.

Les seuls transferts de fonds d’église à église, dans le Nouveau Testament, venaient des champs de mission en direction de « l’église – mère » de Jérusalem, afin d’aider les pauvres (Actes 11,29 -30 / 2 Corinthiens 8)

De nos jours, il paraît tout aussi évident que le soutien financier extérieur n’est pas essentiel pour la croissance et le développement du mouvement chrétien. Voici des exemples actuels :

  • En Ethiopie en 1938, on recensait environ 100 chrétiens, suite aux efforts missionnaires du début du 20ème siècle. Les missionnaires durent partir à cause de la 2ème guerre mondiale.
  • Quand ils revinrent 5 ans plus tard, en 1943, l’église s’était développée jusqu’à 10 000 membres, sans apport financier extérieur.
  • En Chine : dans les années 1950, les missionnaires et les fonds étrangers ont du s’en aller. Dans les 50 années suivantes, le nombre de chrétiens est passé de 1 million à 80 millions.
  • En Nouvelle Guinée – Papouasie : une société missionnaire a implanté 200 églises dans ce pays. A l’anniversaire des 20 ans de ces églises, les chrétiens de Nouvelle Guinée ont envoyé des billets d’avion aux missionnaires, en Amérique, pour les inviter à la célébration !

Il est donc possible d’implanter des églises, sans créer de dépendance financière !

3/ Missions et Eglises doivent définir leur politique financière.

  • Comment les églises et organisations missionnaires choisissent-elles d’orienter leurs fonds ?
  • Quel type d’églises veulent-elles implanter ou encourager sur le champ missionnaire ? Depuis un siècle, le mot d’ordre des missions a été d’établir des églises capables de se gouverner elles-mêmes, de s’auto-financer, et de se multiplier par elles-mêmes.

Rappelons nous que la structure missionnaire n’est qu’un « échafaudage » : elle n’est pas faite pour durer, ni pour rester.

  • Donnons-nous priorité aux terrains non-atteints et à l’Evangélisation pionnière, ou bien préférons-nous « entretenir » des églises établies ?
  • Si nous sommes partenaires avec des églises au loin, est-ce pour les aider à réaliser un programme orienté vers l’Evangélisation des non- atteints de leur pays ou un programme missionnaire ?

Ressources locales ou ressources mondiales ?

Beaucoup pensent que pour achever la tâche d’évangélisation mondiale, il faut prendre les ressources là où elles se trouvent, dans les pays riches. Ainsi, on pense qu’il vaut mieux utiliser les ressources globales pour accélérer ce processus, parce que les ressources locales sont plus difficiles à lever,.

Or, pour éviter la dépendance, il est toujours meilleur de stimuler l’utilisation des ressources locales, même si au départ les choses semblent aller moins vite !

Quand les ressources globales remplacent les ressources locales de façon habituelle, cela signifie que trop d’argent est envoyé vers des églises existantes, qui devraient se prendre en charge, alors que dans d’autres lieux l’Evangile n’est pas prêché, parce que cet argent n’est pas disponible…

4/ Les dangers d’introduire des fonds extérieurs.

La dépendance financière affecte la manière dont les gens perçoivent et reçoivent l’Evangile :

  • Ils assimilent Evangile et bénéfices matériels : il y a quelque chose de faussé à la base, dans une telle assimilation !
  • Ils se « convertissent » en pensant en arrière plan, recevoir des avantages matériels.
  • Ils risquent de passer à côté des principes de base de l’Evangile : une fois qu’ils ont reçu le salut, vont-ils comprendre la nécessité de « se donner entièrement à Christ », et le principe de redonner à Dieu une partie de ce qu’il nous donne (la dîme) ?

Les autochtones deviennent convaincus que leurs propres ressources sont insignifiantes, sans valeur aux yeux de Dieu – et à leurs propres yeu.

Ils sont entretenus dans une mentalité de pauvreté, et vont confesser celle ci !

  • Ainsi, l’on perpétue le syndrome de dépendance.
  • On oublie que Dieu est capable de multiplier ce qu’on Lui apporte en offrande (voir la multiplication des pains et des poissons pour nourrir une foule).
  • Nous privons les autochtones de la joie de donner à Dieu une part de ce qu’ils ont reçu de Lui. Regardons attentivement 2 Corinthiens 8,2-5 : les Macédoniens étaient pauvres, mais ils ont supplié Paul de pouvoir donner à d’autres plus pauvres, et ils ont produit d’abondantes libéralités ! Et si Paul les avait considérés comme « trop pauvres » ???

Mobiliser des fonds étrangers détruit l’initiative locale.

Dans certains cas, cela peut même tuer le marché local et les ressources disponibles sur place (ex du marché de céréales de la Zambie, lors d’une sécheresse en 1984).

En cas de catastrophe naturelle ou situation d’urgence, l’apport extérieur est souvent indispensable et bénéfique. Mais attention : les dons exceptionnels ne doivent pas laisser la communauté encore moins capable de se prendre en charge, une fois que les dons sont fournis

Les donateurs (occidentaux) n’ont pas toujours des motivations saines : ils ont besoin de déverser leurs excédents de ressources, ou bien sont animés d’une pitié mêlée de culpabilité, sans se soucier de savoir si leur aide crée de la dépendance ou non.

  • Les églises des pays pauvres n’ont souvent pas assez de maturité ou de recul par rapport aux « offres » extérieures. Les dirigeants doivent analyser honnêtement si tel apport d’argent va améliorer la santé spirituelle de la communauté. Pourront ils refuser un don, s’ils peuvent réaliser leur objectif avec les ressources locales, et ainsi avoir la joie de « marcher sur leurs deux pieds » ?
  • L’influence occidentale importe dans les églises des modèles et des besoins qui ne correspondent pas aux réalités du contexte matériel local (ex :le style de constructions des bâtiments d’églises)

Introduire des fonds étrangers pour soutenir les besoins locaux détruit le sentiment de « propriété » et le « sentiment d’appartenance ».

L’introduction d’argent étranger et le fait que les décisions soient prises par des étrangers détruisent le sens de la propriété chez les autochtones.

  • Si les idées viennent de l’extérieur, les autochtones n’ont plus besoin de donner les leurs !
  • Comme les expatriés veulent aller vite, les initiatives locales, souvent plus adéquates, n’ont pas le temps de venir à la surface.
  • Danger : les missionnaires sont souvent soutenus pour ce qu’ils font (et non pour ce qu’ils sont !). Il sont inconsciemment poussés à réaliser des projets, « produire des résultats » en un temps donné… C’est ainsi que beaucoup de projets initiés par des missionnaires tombent dans l’abandon, car ils sont ingérables par la suite pour les autochtones !
  • Autre danger : quand l’argent vient d’ailleurs, les autochtones eux-mêmes sont poussés à initier des choses qui plaisent aux donateurs, même si elles ne correspondent pas aux besoins prioritaires locaux, ni aux méthodes locales.

5/ Quelles sont les solutions à apporter ?

A) Ceux qui envoient en mission (qui créent souvent la dépendance), comme les églises autochtones (qui bénéficient des fonds étrangers) doivent adopter une nouvelle manière de penser en ce qui concerne les moyens de soutenir la croissance des églises.

Il faut briser de vieilles habitudes, et abandonner d’anciennes pratiques qui sont devenues malsaines. Il n’ y a pas de solution rapide et facile !

B) Reconnaissons quelles sont les causes profondes qui engendrent et perpétuent la dépendance

Ayons le courage d’abandonner ces pratiques : il faudra pour cela beaucoup de détermination de la part de tous !

  • Cherchons à résoudre les difficultés locales autrement qu’avec de l’argent étranger !
  • Il y a un grand prix à payer pour passer de la dépendance à l’autonomie :
    • Des leaders autochtones auront à dire « non merci » à certaines propositions de financement extérieur. D’autres devront avoir le courage de demander l’arrêt de leur soutien régulier, en provenance de l’étranger.
    • Ceci s’est produit en Afrique de l’Est dans les années 1970 : des dirigeants d’églises ont décidé de ne plus percevoir leurs salaires, versés depuis outre-mer. Il s’est alors produit une mobilisation financière exceptionnelle dans les églises, qui ont non seulement soutenu leurs pasteurs, mais aussi payé leurs bâtiments et leurs propres véhicules.

C) Pour cela, il est essentiel d’enseigner et établir dans les églises les principes bibliques de la gestion financière.

D) Reconnaissons que les églises en bonne santé ne sont pas celles dont les leaders ou les membres regardent constamment vers l’étranger pour recevoir leur soutien.

Regardons plutôt vers ceux qui ont appris la joie et la satisfaction de rendre au Seigneur quelque chose qu’Il leur a donné !

E) Les croyants des églises dépendantes doivent apprendre ce qu’est le sentiment de « vraie propriété personnelle ».

  • Lorsque les croyants prennent conscience qu’ils sont propriétaires de leur propre église et de son fonctionnement, ils ont un nouveau sens de la responsabilité. Ils vont alors trouver des ressources locales qu’ils ne soupçonnaient pas auparavant. Ils auront à cœur de soutenir leur pasteur, prendre en charge leurs besoins matériels, etc.
  • C’est seulement quand la « propriété locale » est bien établie, que les chrétiens découvrent la joie de soutenir par eux-mêmes. Tant que les fonds arrivent de l’étranger, les gens cherchent toujours quelqu’un qui pourra faire ou payer à leur place…

F) Apprenons aux chrétiens à voir les ressources locales. Trois ressources au moins sont toujours à la disposition des pays pauvres :

  1. La force de travail de la population (voyons l’exemple du Japon, qui n’a aucune ressource naturelle dans son pays, mais qui sait utiliser le travail de sa population)
  2. La terre cultivable. La terre est la première ressource donnée par Dieu à l’homme. Mais de plus en plus, l’agriculture est négligée à cause de l’urbanisation.
  3. La solidarité de la famille élargie (avec ses avantages et ses inconvénients) est une ressource locale puissante, surtout pour faire face à des situations de crise (ainsi, au Ghana, 1 million d’immigrés, chassés du Nigéria, ont pu être réintégrés, grâce aux liens familiaux).

G) Donnons toujours priorité aux ressources locales, par rapport aux ressources mondiales ou extérieures.

C’est ainsi que les croyants prennent leurs responsabilités, et que leur sentiment de dignité personnelle est le mieux préservé.

  • Certains pensent que l’occident est riche, donc il doit « aider » dans tous les cas !
  • Il est cependant préférable de mobiliser d’abord au maximum les ressources locales, et appliquer le principe de « proximité géographique ». Cela encourage les gens à entreprendre des initiatives, et à s’aider eux-mêmes.

L’aide extérieure est indispensable dans certains cas : le défi est de faire en sorte que les ressources et aides externes ne viennent pas détruire le peu de ressources locales existantes, et ne laissent la communauté encore plus dépendante et passive.

H) Réfléchissons à tous les fonds qui sont versés pour « entretenir » des églises, alors que ces mêmes fonds devraient être orientés pour évangéliser des peuples « non-atteints ».

Une bonne nouvelle : la dépendance peut être vaincue, elle n’est pas irrémédiable !

  • Cependant, il faut un réel réveil spirituel pour résoudre ces questions. C’est en ayant d’abord une vraie vie spirituelle, que l’on pourra mettre en place une bonne gestion.
  • Nous voyons l’importance d’établir des églises qui s’auto-suffisent sur le plan financier, et qui se multiplient sur ce principe.
  • Nous devons sensibiliser les leaders des églises autochtones à prendre une totale responsabilité de l’appropriation des projets de l’église locale.

L’initiative locale vient d’une vision locale, et du sentiment d’être propriétaire de l’œuvre. Cela ne se réalise qu’avec des fonds locaux. Cela va moins vite au départ, mais si l’on injecte de l’argent extérieur pour aller plus vite, on risque de développer une mentalité de parasite.

Les ouvriers de la 11ème heure

Les ouvriers de la 11ème heure

Les ouvriers de la 11ème heure

Ils présentent un nouveau visage :

Le 20ème siècle se caractérise par :

  • un déclin du nombre de chrétiens en Occident, surtout après 1950
  • une croissance extraordinaire et un réveil dans d’autres parties du monde.

Prenons l’exemple de l’Eglise anglicane :

  • 1900 : 95% des chrétiens vivaient en Occident.
  • 2005 : 80% des chrétiens vivent dans les Pays du Sud.
  • 1960 : 50% des Evangéliques étaient occidentaux et 50% étaient non-occidentaux
  • 2000 : 20% des Evangéliques sont occidentaux et 80% sont non-occidentaux

→ En Mission : les visages blancs sont remplacés par des visages jaunes, noirs et métis.

Le nombre de missionnaires et d’agences missionnaires venues des pays du Sud ne cesse d’augmenter. On note ainsi sur le terrain missionnaire :

  • Un mélange de cultures au sein des équipes missionnaires
  • Des différences dans l’approche de l’évangélisation, selon l’arrière-plan culturel des missionnaires (occidentaux ou non occidentaux)

On compte aujourd’hui 300.000 missionnaires protestants et évangéliques dans le monde + 150.000 missionnaires catholiques.

En 2025 : 80% des missionnaires viendront du Sud (Asie, Afrique Subsaharienne, Amérique latine), si les changements actuels continuent au même rythme.

La force missionnaire occidentale diminue de 5% par an (soit : 7650 personnes)

→ Nous entrons dans la 12ème heure de l’histoire humaine : la tâche est toujours plus grande, plus redoutable, le temps est court, le besoin d’une foule de travailleurs est impératif (Matth 20, 6-7 / Jean 9,4)

Ex : Les églises de maisons chinoises veulent libérer 100 000 missionnaires dans les prochaines années.

Le contexte de la dernière heure de l’histoire :

Dans la 2e partie du 20ème siècle, des changements importants ont eu lieu dans le monde:

En 1945 : les Européens contrôlaient pratiquement 99% de monde non-occidental.

En 1970 : les Européens gardent le contrôle de seulement 5% de la population non-

occidentale.

→ On constate plusieurs choses :

  • La disparition des empires coloniaux
  • L’émergence économique des pays du Sud qui deviennent partenaires (non plus enfants, ni dépendants)
  • Les églises des pays du Sud gagnent en confiance en elles mêmes :
    • elles veulent affirmer et développer leur potentiel
    • un leadership autochtone mûr se lève, fort, autoritaire, prêt au sacrifice, viisionnaire.
  • Les missionnaires du Sud peuvent mieux développer leurs stratégies et des méthodes efficaces : ils savent s’adapter aux réalités et changer leurs stratégies. Ils n’ont pas le poids des traditions et des héritages missionnaires occidentaux.
  • Ils sont habitués à la souffrance et donc prêts à se sacrifier. Le martyr est une condition normale (ex : les Chinois – les convertis issus de l’Islam)

Dans le travail missionnaire, les stratégies sont en pleine mutation:

Avec l’arrivée massive de missionnaires des pays du Sud, l’approche traditionnelle concernant l’implantation des églises et l’aide aux pauvres doit être réévaluée.

  • Ce n’est plus le pays « fort et supérieur » qui envoie des missionnaires dans le pays « pauvre et inférieur ». l’approche économique est bouleversée !
  • La notion de « salut personnel » prêchée par les missionnaires occidentaux repose sur les valeurs culturelles de l’occident. Les nouveaux missionnaires des pays du Sud viennent, pour la plupart, de cultures dans lesquelles la communauté constitue l’élément de base (et non l’individu). Ils sont très proches sur ce plan des peuples qu’ils viennent évangéliser. Dans ce contexte, l’identité, les valeurs, le succès, la souffrance, etc. n’ont de valeur que dans le contexte communautaire.
    Dans la phase actuelle, l’une des clefs du succès de l’œuvre missionnaire réside dans le fait de passer du « je » au « nous » !
    Les occidentaux doivent reconnaître que les outils et instruments les plus efficaces dans leur contexte, ne sont pas forcément les meilleurs dans d’autres contextes.
    Exemple : l’approche de la psychologie occidentale.
  • Une nécessité est devenue évidente : l’accompagnement et le soin à apporter aux équipes missionnaires. On a pris conscience de leurs besoins, ceux de leurs familles, les défis auxquels ils doivent faire face, etc. (Exemple : le stress cumulatif en mission) On n’est plus dans une mentalité de survie ou d’autosuffisance.

L’augmentation de la violence dans le monde post-moderne:

La plupart des guerres sont devenues des conflits civils, dans lesquels les belligérants cherchent avant tout à détruire le tissu social et affecter la santé mentale des populations. Ainsi, les professions qui soutiennent les infrastructures de la société sont directement ciblées (enseignants – personnel médical et social – formateurs – etc.).

Les missionnaires sont souvent engagés dans ce type de travail. Alors qu’ils pouvaient jouer autrefois un statut particulier de médiateurs ou de négociateurs, ils sont devenus aujourd’hui des cibles privilégiées pour les terroristes, les « groupes rebelles » et autres, qui veulent déstabiliser une communauté locale ou exercer un chantage sur la communauté internationale.

La bataille spirituelle s’intensifie :

« Le ciel et l’enfer vont s’affronter en face au cœur de la race humaine »

« Jésus va regarder Satan, son ennemi, en face, à travers les yeux de ses saints » (Bill Hamon)

→ Le diable sait que son temps se raccourcit

→ L’enjeu majeur du 21ème siècle n’est pas le terrorisme ni la violence : c’est le salut des âmes, leur destinée éternelle.

L’objectif premier de Satan est d’empêcher les gens d’être sauvés (enjeu éternel)

Son deuxième objectif est de rendre les hommes et la sociétés humaine le plus misérable possible (enjeu temporel).

→ Le St Esprit mobilise l’Eglise comme jamais auparavant (Matthieu 24,14)

Il embauche les ouvriers de la 11ème heure : leur travail sera court, mais très exigeant.

« Ils travaillent dans un monde qui défie ouvertement l’Evangile. »

→ L’avance spirituelle ne pourra se faire qu’au prix de grands sacrifices de temps, d’argent et de vies.

Le Résultat = l’Agneau de Dieu adoré par tous les peuples :

L’adoration constitue l’enjeu sous-jacent de toute l’histoire humaine.

Chaque être adore quelque chose (depuis Eden, jusqu’à l’Apocalypse 13,8)

C’est JESUS qui recevra l’adoration ultime (Philippiens 2,10-11)

Apocalypse 5,9 : La mission n’est pas le but ultime de l’Eglise. C’est l’adoration.

Les ouvriers de la 11° heure ont beaucoup de proximité avec les peuples non-atteints :

Il y a aujourd’hui une mobilisation mondiale : les chrétiens sont présents sur tous les continents.

USA + Canada : 90 Millions d’Evangéliques

Chine : 80 à 100 millions

Nigeria : 26 millions

Brésil : 21 millions

Ensuite : Inde 18 M / Philippines 12 M / Ethiopie 12 M / Kenya 11 M …

(1/3 des pays musulmans non-atteints sont en Afrique subsaharienne, et 116 millions d’Evangéliques sont à proximité).

Cette proximité se concrétise de diverses manières :

  • proximité géographique
  • proximité culturelle
  • proximité linguistique
  • proximité sociologique (une structure familiale élargie)
  • proximité économique (le décalage de revenu et de niveau de vie est un obstacle majeur pour les occidentaux)

Exemple d’un pays où une Eglise forte côtoie des peuples non-atteints : Nigeria et Niger

Des visionnaires ayant la couleur de peau adéquate :

Depuis l’indépendance politique des pays du Sud , la confiance en soi et l’affirmation de soi des leaders se développe.

« Sans un leadership visionnaire autochtone, toute l’entreprise missionnaire court à l’échec. » Les nationaux doivent devenir propriétaires de l’effort missionnaire.

  • Ils suivent un modèle de direction plus traditionnel et autoritaire, qui ne plait pas toujours aux occidentaux, mais qui n’est ni contraire à la Bible, ni moins efficace.
  • Les superviseurs de la 9e heure (blancs) échoueraient en tant que dirigeants pour les troupes de la 11e heure, mais ils seront de bons conseillers, des experts compétents.

Des faiseurs de tente :

  • Paul a montré l’exemple du style de vie pionnier missionnaire : il était faiseur de tentes. Pour lui, il n’y avait pas d’écart entre travail séculier et travail spirituel.
  • Le modèle de la 9e heure (le ministère à plein temps, soutenu financièrement à 100%) n’est pas applicable pour les structure émergentes des pays du sud : c’est trop coûteux, et dans beaucoup de cas ce n’est pas la meilleure stratégie.

Dans le Nouveau Testament, on trouve deux manières principales de financer le ministère : en étant « faiseur de tentes » ou en recevant un soutien des églises. Les deux sont légitimes. C’est le contexte qui détermine si l’on choisit l’un ou l’autre.

Dans un cadre pionnier païen, Paul a choisi d’être faiseur de tentes, pour être crédible et efficace. C’était une motivation non pas théorique, mais stratégique et contextuelle. C’était une conviction profonde pour lui.

2 Cor 11,7-10 = Paul ne voulait pas être un fardeau pour les autres, de quelque façon que ce soit.

2 Thess. 3,9-10 = Il encourage les autres à faire de même.

Le travail de faiseur de tentes comporte un mandat stratégique

Le modèle des ouvriers de la 9e heure touche à sa fin, pour diverses raisons.

Les faiseurs de tentes ont 8 arguments :

  1. Ils sont mieux acceptés et plus crédibles aux yeux de la population locale.Un missionnaire étranger soutenu à 100% par de l’argent étranger est considéré comme suspect par la population.

    Pour que la population accepte le message, il faut d’abord qu’elle accepte le messager (1 Cor 9,12). Celui ci est avant tout témoin.

  2. Ils s’identifient plus facilement avec la population locale.Paul suivait l’exemple de Jésus (Philippiens 2,5-10 / 1 Cor 4,12) = il travaillait dur de ses mains, comme les autres gens, il gagnait leur respect, et pouvait ainsi atteindre un grand nombre de personnes.
  3. Ils proclament l’Evangile au moyen d’un travail séculier oint du St Esprit.Ils proclament la Parole par leurs actions, pas seulement verbalement. Ils démontrent, par un style de vie authentiquement chrétien, que l’Evangile est aussi efficace dans les choses courantes de ce monde, au milieu des tempêtes de la vie quotidienne.

    Ex : Un homme d’affaires qui refuse la corruption et la tricherie /

    Un juge qui applique la justice, sans pots de vin /

    Un médecin ou une infirmière qui exerce avec compassion et prie pour ses patients.

    Le fruit d’un travail oint de l’Esprit est un témoignage qui ouvre la porte au témoignage verbal de l’Evangile.

  4. Ils sont au moins partiellement autonomes sur le plan financier :C’est un atout important pour les missionnaires issus des pays du Sud.
  5. Ils ont un « pont de relation » naturel avec la population locale, au moyen de leur travail séculier.Le missionnaire payé à plein temps doit créer des occasions de rencontre avec la population autochtone : cela paraît parfois artificiel, anormal, suspect.

    Le faiseur de tentes s’intègre tout de suite dans le milieu social, il entre rapidement en contact avec des dizaines de personnes et de familles, de façon naturelle, sans attirer l’attention. Il peut faire passer le message de l’Evangile de façon naturelle.

  6. Il démontrent le modèle d’un style de vie chrétien pour les nouveaux convertis :Dans un peuple non-atteint, les nouveaux convertis n’ont aucun modèle, ils n’ont jamais vu de chrétien. Ils ne savent pas comment vivre la morale chrétienne au sein de leur culture.

    → Paul démontrait la vie chrétienne au sein d’une société immorale, idolâtre et pervertie. Il a aussi forgé chez les nouveaux croyants une solide éthique du travail, car sans cela, il ne peut y avoir de vrais convertis pieux, ni de familles en bonne santé, ni d’églises autonomes, ni une société productive.

    → Les nouveaux convertis doivent aussi apprendre à vivre sans argent extérieur, même dans des conditions menaçantes : le faiseur de tentes est un bon exemple pour eux.

  7. Ils donnent le modèle des bonnes stratégies de soutien et d’exercice du ministère, pour les futurs dirigeants des jeunes églises.Au sein du mouvement d’implantation d’églises de maisons, celles-ci sont dirigées par des chefs de foyers qui travaillent et entretiennent leur famille. Les dirigeants ne sont pas salariés de l’église. Quand les missionnaires pionniers montrent le modèle (faiseur de tentes), cela paraîtra normal aux jeunes dirigeants de vivre selon ce même modèle.

    C’est seulement quand le réseau de cellules de maisons sera assez important que les besoin de conducteurs à plein temps apparaîtra nécessaire : le potentiel financier sera alors suffisant pour établir de tels ouvriers, sans aide extérieure.

  8. Le modèle de faiseurs de tentes peut être multiplié plus facilement.Le système missionnaire classique (envoyer des ouvriers payés à plein temps) est trop restreint face aux besoins actuels. Ils ne permettent pas d’envoyer des multitudes, mais seulement quelques troupes.

Attention : les faiseurs de tentes son aussi des missionnaires « à plein temps ».

→ Leur travail est le cadre donné par Dieu pour exercer leur ministère. Ils prêchent continuellement, par des mots et par l’action.

→ Souvent ils travaillent à temps partiel, afin de nouer les contacts initiaux, et dans le reste de leur temps disponible, ils forment des disciples et édifient les croyants.

Paul insiste sur l’évangélisation dans le lieu de travail = c’est là que les gens passent une grande partie de leur temps. C’est le moyen d’infiltrer toutes les couches de la société, car c’est là qu’on peut rencontrer tout le monde.

Colossiens 4, 5-6 : Paul a enseigné une stratégie et montré l’exemple de l’évangélisation sur le lieu de travail.

Au moment donné par Dieu (Kairos), le travailleur peut donner un conseil ou une parole pleine d’amour (de grâce) et défiante (avec une pincée de sel).

Le Nouveau Testament parle plus du style de vie, en matière d’évangélisation, que de techniques. Le faiseur de tentes est lui même, en tant que personne, l’Evangile, la bonne odeur de Christ.

Les faiseurs de tentes peuvent être extrêmement efficaces.

Romain 15,19-23 : Paul avait achevé son ministère de faiseur de tentes et de planteur d’églises dans 6 provinces romaines, en 20 ans. Son travail séculier n’a jamais été un obstacle : son exemple et son engagement total ont mis au défi les croyants et les jeunes dirigeants qui l’ont suivi.

Comment choisir la bonne activité de faiseur de tentes ?

Il faut considérer 4 facteurs :

  • Les dons et capacités du missionnaire
    Chacun peut exercer dans un domaine où il a des dons ou une formation.
  • La formation séculière du missionnaire.
    Selon le métier qu’il a appris, le faiseur de tentes pourra continuer à exercer sa profession, au milieu de gens non-atteints
  • La réalité du pays de destination.
    Toute activité n’est pas opportune dans n’importe quel contexte : quand on veut atteindre une nouvelle région, un nouveau peuple, il faut étudier soigneusement quelles activités sont possibles, quels types de missionnaire (et quels dons) seront efficaces.
  • Les opportunités de travail dans la zone ciblée.

La mondialisation bouscule la face du monde : même les pays fermés à l’Evangile ont besoin de certains types de travailleurs étrangers (ex : au Moyen Orient). Ceux ci peuvent être hautement qualifiés (ingénieurs – médecins – informaticiens – enseignants) ou sans qualifications (manœuvres – nourrices)

Exemple d’activités pour les faiseurs de tentes :

  • Travaux agricoles – jardinage, maraîchage
  • Commerce – monde des affaires
  • Micro- entreprises, petites boutiques (construction, mécanicien, artisan, etc.)
  • Enseignant : formation pour adultes – écoles privées – cours de langues – etc.
  • Domaine médical : clinique mobile – pharmacie villageoise – infirmier – etc.
  • Emplois consulaires et d’ambassades (en pays musulman par exemple)
  • Métiers de hautes compétences et haute technicité (ingénieurs en électronique – médecins – chimistes – industrie pétrolière -etc.) et métiers sans compétences particulières (employé de nettoyage, nourrice, etc.)

La sélection des ouvriers

Les ouvriers de la 9e heure recevaient un « appel mystique » et partaient souvent pour un lieu ou un peuple précis. Ceux de la 11e heure seront plutôt des hommes sélectionnés, par des leaders mûrs, en fonction de leur engagement radical et de leur foi éprouvée.

→ Il est indispensable de revoir notre notion de l’appel, selon l’exemple du Nouveau Testament et du livre des Actes des Apôtres

→ L’appel personnel, « mystique », pour un service précis, semble exceptionnel.

→ Revenons à l’appel lancé par Jésus aux disciples = c’était un appel « autoritaire » (« suivez moi ! »), lié d’abord à la relation entre lui et la personne. Plus tard, l’appelé recevait un ordre et une destination précise pour le ministère.

→ Paul, en tant que leader apostolique reconnu, agit selon le modèle de Jésus : il enrôle des gens engagés, éprouvés.

La formation des ouvriers

5% des missionnaires occidentaux se retirent chaque année.

« Les instituts théologiques forment les missionnaires dans le domaine de la connaissance, mais très peu dans le domaine du caractère ou des compétences nécessaires pour survivre et s’épanouir dans un cadre transculturel. »

→ Les multitudes de la 11e heure seront principalement formés en fonction des tâches à accomplir, selon le principe de la foi (Luc 16,10)

→ Le dirigeant donne une tâche au candidat missionnaire pour voir comment il se développe et passe le test. C’est la fidélité à accomplir ces tâches et à relever les défis qui est mise à l’épreuve, et qui prévaut par rapport aux qualifications académiques.

Ex : Barnabas est parti de Jérusalem à Antioche pour une tâche précise, limitée dans le temps, et il devait rendre compte aux Anciens de Jérusalem (Actes 11). C’était un test à son appel apostolique autant qu’à son obéissance. De là, Dieu l’a appelé pour une autre tâche plus importante (Actes 13).

→ Les ouvriers de la 11e heure seront formés au ministère par des dirigeants qui évalueront ce principe de fidélité. Ils évolueront ainsi de plus en plus vers un ministère apostolique.

→ Ils seront évalués sur la base de leur maturité personnelle, et non sur la base de diplômes.

Dans Actes 6,3, les critères sont : intégrité personnelle – onction du St Esprit – sagesse.

Les personnalités mûres démontrent leurs compétences dans le domaine spirituel, émotionnel, moral et social (relationnel).

En mission : « les relations personnelles constituent le cœur d’un ministère transculturel efficace .»

Envoi des ouvriers

Actes 13,2-3 = C’est un envoi du Saint-Esprit, qui parle au travers de l’Eglise dans un moment de jeûne et prière.

Les ouvriers les plus éprouvés sont envoyés pour un travail pionnier d’implantation d’églises (des hommes qui portent du fruit et qui se sont montrés loyaux au sein de l’Eglise). Ils satisfont aux critères requis pour être Ancien.

Financement des ouvriers

Les faiseurs de tentes de la 11e heure misent sur l’autonomie financière. L’église d’envoi peut les aider à commencer leur ministère en mission, ou les aider partiellement, ou occasionnellement.

Encadrement et supervision sur le terrain

Sur un terrain culturel nouveau, les manières d’entrer en relation, de confronter les situations, de régler les conflits, d’exprimer les sentiments ou de démontrer son affection sont très différentes.

  • Le missionnaire a besoin d’être conseillé, entouré, aimé. On doit s’assurer qu’il accomplit bien la tâche pour laquelle il est envoyé et qu’il continue à poursuivre les bons objectifs.
  • L’Eglise qui envoie doit assumer la totalité de ses responsabilités envers ceux qu’elle a recommandés.

Partenariat entre ouvriers de 9e et 11e heure

L’Eglise d’Occident a encore un grand rôle à jouer pour l’accomplissement de l’Ordre Suprême.

  • Elle envoie des missionnaires pionniers, là où ceux de la nouvelle vague ne peuvent pas aller.
  • Elle travaille en partenariat avec les ouvriers des nouvelles missions des pays du Sud, là où elle est invitée et accueillie. Le but est de rendre l’effort missionnaire mondial maximal (synergie). Mais la dépendance envers l’occident (notamment en matière de finances) doit être exclue à tous prix.

Les missionnaires occidentaux sont des catalyseurs

En chimie, on définit ainsi un catalyseur :

« Une substance qui, par sa seule présence, accélère le rythme d’une réaction chimique, et qui se retrouve intacte à la fin de la réaction. »

Un catalyseur rend possible on accélère le mouvement d’envoi des ouvriers.

Les ouvriers occidentaux peuvent développer de solides relations avec ceux qui, dans leur région d’activité, montrent une passion pour servir les non-atteints.

Ces catalyseurs cherchent à être au service des mouvements missionnaires qui émergent dans les pays du Sud : ils encouragent leurs initiatives, leurs schémas d’engagement, leurs modèles de leadership et de ministère, leurs structures autochtones (et non les modèles occidentaux)

Ils ne recrutent pas des ouvriers pour leurs agences occidentales

Ces catalyseurs sont des dons apostoliques particuliers. Ils sont des facilitateurs.

Ils représentent un modèle dans certains domaines :

Ex : contextualisation de la Parole de Dieu.

Techniques pour apprendre des langues

Travail en équipe

Etre modèle signifie : donner l’exemple – aider – observer – partir.

Cela conduit les gens à l’autonomie, et non au paternalisme.

Ils sont des formateurs :

Les occidentaux accumulent plus de 200 ans d’expérience du travail en mission. Ils doivent bien gérer cet acquis, et le transmettre aux nouveaux ouvriers.

  • Ils sont responsables de former de bons ouvriers autochtones
  • Ils peuvent apporter des formations courtes, spécifiques, orientées vers les besoins du terrain et vers la pratique – Des formations sur le terrain, avec les outils locaux. Ceci est valable pour la formation spirituelle comme pour tout ce qui concerne la formation au développement.

Ils peuvent être partenaires dans le financement :

  • Le paternalisme et la négligence sont deux extrêmes à éviter à tout prix. Le partenariat signifie que les deux parties sont responsables, chacun préserve sa dignité, et à terme, on évolue vers l’autonomie.
  • L’argent en provenance de l’occident doit être utilisé le plus rarement possible, en évitant absolument la dépendance : on doit raisonner en terme de bénéfices à long terme, et non à court terme.

« Le développement est fondamentalement un processus par lequel les gens apprennent à participer de façon constructive à la résolution de leurs propres problèmes ».

Il ne s’agit pas de donner des choses aux gens ou faire les choses à leur place. Il s’agit de susciter leur enthousiasme, pour qu’ils augmentent graduellement leur implication, jusqu’à ce que le programme soit remplacé par leur entière participation, pour eux mêmes.

Ils sont des coaches et des mentors, principalement pour les jeunes leaders.

Ils peuvent être « missionnaires non-résidents ». Mais ils ont une solide expérience dans le ministère missionnaire à long terme, une forte onction et une grande maturité spirituelle. Ils inspirent, encouragent, coachent depuis l’extérieur.

Les ouvriers de la 11e heure utilisent des stratégies multiples et renouvelables

Ils utilisent les ressources en personnel qui sont localement disponibles.

Il s’agit d’appliquer le principe de formation cité par Paul à Timothée en 2 Timothée 2,2 : ceux qui sont formés par les partenaires occidentaux deviennent à leur tour formateurs de formateurs.

En vue de la multiplication, toute activité de partenaires occidentaux devrait être de former localement les personnes qui constituent les ressources autochtones.

Ils utilisent les ressources matérielles qui sont localement disponibles.

Les partenaires occidentaux doivent éviter les stratégies qui seront plus tard impossibles à gérer et multiplier localement.

Les ouvriers de la 11e heure doivent renoncer à la technologie occidentale, et travailler avec les ressources localement disponibles, et qui sont culturellement et socialement acceptables.

Ils utilisent les ressources financières qui sont localement disponibles.

Si les finances ne sont pas générées localement, tout travail est voué à l’échec tôt ou tard.

C’est une erreur de croire que les finances ne sont pas disponibles localement. C’est une erreur encore pire de prendre le raccourci du financement qui vient de l’occident, au lieu d’emprunter le chemin étroit et pierreux du financement local. Et si les fonds ne sont pas disponibles localement, il vaut mieux attendre !

Les églises des pays du Sud doivent apprendre à donner : c’est un devoir et une responsabilité ! Le paternalisme occidental ne doit pas leur voler leur part de bénédiction.

LES OUVRIERS DE LA 11e HEURE SONT RESOLUMENT CONTEXTUELS

ILS SUSCITENT DES MOUVEMENTS DE CROISSANCE INTERNE.

« L’idée de la contextualisation signifie : modeler le message de l’Evangile dans un langage et une forme de communication qui sont appropriés et significatifs pour la culture locale – et appuyer le message sur des questions qui sont cruciales dans la vie des personnes. »

Philippiens 2, 6-8 : Jésus lui-même a vécu une vie résolument contextuelle.

1 Corinthiens 9, 19-23 : Paul a vécu et enseigné la même réalité – son but avoué était de gagner le plus grand nombre de personnes à Christ.

Nous sommes appelés à « devenir des gens de la culture vers laquelle nous sommes envoyés »

Le messager, en tant que personne, doit être contextuel.

Il doit devenir quelqu’un « de l’intérieur » de la culture, surtout s’il veut susciter un mouvement interne.

La population doit accepter le messager avant d’accepter le message.

Les domaines concernés sont notamment : la langue – la nourriture – le style de vie – la relation au temps – la vie familiale – etc. Deux facteurs importants sont :

  • Le facteur économique :Pour un occidental, il est pratiquement impossible de vivre entièrement de façon contextuelle. Par contre, les ouvriers des pays du Sud sont beaucoup plus proches économiquement des peuples non-atteints. C’est un atout favorable pour eux, pour mieux s’identifier à la population.
  • Le facteur « Puissance » :Le missionnaire occidental est souvent formé et orienté pour toucher l’intellect. Il est surtout préparé à répandre verbalement le message de l’Evangile, et il s’attend à ce que son public comprenne intellectuellement son message.

    La plupart des peuples non-atteints sont orientés vers l’expérience. Ils accordent beaucoup d’importance au fait de satisfaire les besoins physiques et émotionnels, plut^to qu’à la connaissance.

    Dans ce contexte, il est plus important de démontrer la puissance que la connaissance. L’enseignant religieux est supposé être compétent au niveau de la puissance aussi bien qu’ au niveau de la connaissance (guérison physique – délivrance). Dans l’Islam populaire, toutes les méthodes de guérison sont reliées avec des pratiques religieuses.

    Les ouvriers des pays du sud sont habitués à ce contexte, ils rejoignent l’affirmation de Paul dans 1 Corinthiens 2,4-5 : « Une démonstration d’Esprit et de Puissance ».

    Pour eux, la déclaration verbale et la démonstration de la puissance de Dieu vont de paire, selon la prière des premiers chrétiens dans Actes 4,29-30

Le message contextuel et sa proclamation contextuelle.

Le message contextuel :

Il ne suffit pas de proclamer la Bonne Nouvelle, il faut l’apporter de manière qu’elle puisse être reçue comme une bonne nouvelle !

Jésus lui-même a adapté son message aux différents publics qu’il a côtoyés. Paul aussi.

Un message est efficace seulement s’il est contextuel. Le messager doit connaître non seulement la Parole de Dieu, mais aussi le cœur des gens, pour donner un message qui va au devant de leurs besoins.

Un message est efficace quand il va au devant des besoins ressentis des auditeurs. C’est ainsi que Jésus attirait les foules : « Il répondait à leurs besoins : physiques – émotionnels – spirituels – relationnels – pour les finances – etc. Souvent Jésus confrontait le besoin, pour établir « une piste d’atterrissage pour l’Evangile » dans la vie de la personne. »

La proclamation contextuelle du message :

Non seulement il faut travailler le contenu du message, mais aussi le moyen de communiquer ce message. Le canal par lequel le message est communiqué est déjà en lui-même un message. C’est pourquoi les moyens utilisés doivent être autant que possible adaptés au contexte.

Alors que les occidentaux sont habitués à des moyens techniques sophistiqués, les ouvriers des pays du Sud (souvent pour des raisons économiques) sont obligés d’utiliser des outils plus adaptés au contexte des peuples non-atteints.

Ex : ils observent comment pratiquent les maîtres religieux traditionnels ou autochtones, et adaptent leurs propres méthodes – Voir par exemple en pays musulman –

Seules des méthodes contextuelles conduiront à un mouvement de croissance interne, parce-qu’elles peuvent être facilement reproduites.

Implanter des églises de façon contextuelle.

  • L’implantation contextuelle d’églises vise à créer des mouvements d’implantation d’églises, pas seulement à planter des églises individuelles.

C’est seulement un mouvement d’implantation d’églises qui peut toucher un pays entier avec l’Evangile. Qu’est ce qu’on entende par là ?

« Il s’agit d’une croissance rapide et exponentielle d’églises autochtones, qui elles-mêmes plantent des églises autochtones, dans une population ou un groupe ethnique donné. »

Ainsi les missionnaires pionniers doivent dès le départ mettre en place des stratégies spécifiques qui visent à créer un mouvement d’implantation d’églises : ainsi, ils pourront arriver au but fixé, à savoir saturer un peuple avec l’Evangile !

Les caractéristiques générales d’un mouvement d’implantation d’églises sont :

  • la prière – répandre abondamment la Parole de Dieu (Evangélisation)
  • une direction d’église assurée par des dirigeants locaux laïcs
  • des cellules ou églises de maisons
  • une multiplication rapide
  • etc.

Quand une église est implantée, elle doit être missionnaire dès le départ. Elle doit réaliser qu’elle ne peut pas seulement recevoir les bénédictions de Dieu, mais aussi les partager.

  • L’implantation contextuelle d’églises met en œuvre une Evangélisation « OIKOS » (OIKOS en grec = famille, ménage, foyer)

Les missionnaires occidentaux sont généralement bien formés pour l’Evangélisation personnelle. La plupart des sociétés non-occidentales mettent une valeur plus importante sur la famille élargie et la communauté que sur l’individu. Dans ce contexte, l’évangélisation doit viser à gagner des familles entières et les réseaux sociaux.

– « Jésus a constamment cherché à envahir les groupes « Oikos ». Il savait que la seule manière de partager l’Evangile était de pénétrer ces groupes de personnes… Au premier siècle, la pénétration des « Oikos » constituait le cadre du ministère. Actes 16 nous montre par exemple que Lydie et le geôlier de la prison de Philippes se convertissent avec les membres de leur « Oikos ».

– Comme le Saint-Esprit a conduit Pierre chez Corneille (Actes 11), le planteur d’églises sera conduit à chercher un « homme de paix » ou une « femme d’honneur », qui vont leur ouvrir leurs réseaux de relations sociales.

Jésus a enseigné la même démarche lorsqu’il a envoyé les disciples deux par deux Luc 10,1-9

– Dans ce cadre, l’Evangélisation vise les chefs de foyers : ce sont de futurs leaders potentiels, leur maison est un lieu potentiel de cellule et d’église. Ils constituent une tête de pont en direction de cette communauté. Les missionnaires se concentrent sur ces hommes (femmes) clefs, ils les forment, et comptent sur le ministère du Saint Esprit pour atteindre tout le groupe au moyen de ces nouveaux chrétiens.

– OIKOS signifie non seulement famille, mais aussi race, tribu : le but est d’amener à Christ une entité homogène entière. Mac GAVRAN a insisté sur ce concept :

« Cette forme d’implantation d’églises permet à des personnes d’un même groupe ethnique de devenir de vrais chrétiens sans dislocation sociale. Ils restent en contact avec leurs parents non-chrétiens, ils permettent à d’autres entités du même groupe de se convertir également au fil des années, grâce à un enseignement convenable, et de former des églises autochtones »

Les ouvriers de la 11viennent pour la plupart d’arrière-plan culturel tourné vers l’OIKOS. Ils seront donc à l’aise avec ces stratégies.

  • Les démonstrations de puissance font partie intégrante du processus d’implantation contextuelle d’églises.

La confrontation de puissances fait partie intégrante du processus d’implantation d’églises. Dans un contexte pionnier, dieu prend plaisir à confirmer la venue de Son règne par des signes et des miracles.

Une église contextuelle

Une implantation contextuelle d’églises engendre des églises adaptées au contexte.

  • Les églises de maison constituent la structure normale et normative de l’EgliseNous voyons cela dans le nouveau testament et dans l’histoire de l’église primitive. Les chrétiens se réunissaient dans les maisons, il a fallu attendre 200 ans après Paul pour que les premiers bâtiments apparaissent.

    Dans le mouvement actuel, on met l’accent sur « l’Eglise de la ville » – des groupes de maisons conduits par des Anciens qui se réunissent dans des milliers de foyers – plutôt que sur les dénominations. En outre, dans de nombreux contextes hostiles, cette forme d’églises est beaucoup plus performante pour la multiplication et plus résistante aux persécutions.

  • L’Eglise est perçue comme un organisme, et non une organisation – la vie de l’Eglise met en priorité les relations et non les programmes.L’accent est mis sur les familles : une famille est un organisme dont les membres sont interdépendants, ce n’est pas une organisation qui fixe des jours de rencontres.
  • Les dirigeants sont des Anciens qui continuent à exercer une profession, et non des pasteurs à plein temps.Les chefs de foyers qui dirigent les cellules de maisons travaillent comme des faiseurs de tentes. Les Responsables laïcs sont la clef d’une croissance rapide. Ils ont une personnalité et une vie spirituelle mûres. Ils sont formés sur le terrain, souvent au moyen de cours bibliques par correspondance adaptés à leur contexte.

    Le modèle corinthien des rassemblements : chacun est participant.

    Lire : 1 Corinthiens 14

  • La forme de l’Eglise est contextuelle.Les planteurs d’églises doivent se montrer flexibles et encourager une approche contextuelle des formes extérieures de l’Eglise, dans le cadre défini par le Nouveau Testament.

    Ex : Comment les chrétiens se font-ils appeler ? – Dans de nombreux endroits, le mot

    chrétien est assimilé avec le mot « occidental »

    Quelles formes de prière les chrétiens adoptent-ils ? – Quelles formes d’adoration ?

    Jours et horaires des rencontres ? – Lieux de rencontres ?

    Les ouvriers de 11e heure se montreront flexibles, capables de s’adapter, et les églises qu’ils vont engendrer également : ils auront appris à discerner ce qui est essentiel (ils seront dogmatiques dans ces domaines) de ce qui est non-essentiel (là, ils seront sensibles aux approches les plus convenables sur le plan culturel).

  • En direction d’un mouvement de croissance interneSouvent l’implantation d’églises aboutit seulement à établir une nouvelle structure dans une communauté, ou en marge de la communauté, et essayer de tirer les gens à l’intérieur. Même si elles semblent adaptées au contexte, ces églises sont perçues comme une structure nouvelle qui prend la place des formes traditionnelles de communion au sein de la communauté, de relations sociales et de structures d’autorité.

    Dans un mouvement de croissance interne, l’Evangile se répand au travers des réseaux de relations existants dans la communauté.

LES OUVRIERS DE LA 11e HEURE SONT RADICALEMENT ENGAGES ET TRES FLEXIBLES

LES OUVRIERS DE LA 11e HEURE SONT L’ARMEE DE LA FIN, L’ARMEE DU DERNIER CHAPITRE DE LA MISSION

  • Ils vont toucher tous les peuples encore non-atteints.
  • Ils s’attaquent aux méga-villes du 21ème siècle.

Relations entre missions et églises autochtones

Relations entre missions et églises autochtones

Relations entre missions et églises autochtones :
Passer de la dépendance à l’autonomie

(Note : Si vous souhaitez approfondir ce sujet, nous vous recommandons les écrits de Monsieur GLENN SCHWARTZ, Directeur de « WORLD MISSION ASSOCIATES ».

Site internet : www.wmausa.org )

A/ Quelques raisons pour étudier ce domaine :

1- Reconnaissons qu’il existe encore aujourd’hui plusieurs sujets de tensions entre les sociétés missionnaires occidentales, et les églises qu’elles ont fondées. Ces problèmes absorbent souvent beaucoup d’énergie.

2- Les enjeux et conflits affectent l’image que ces églises ont d’elles-mêmes, et l’image qu’elles présentent au monde qui les entoure.

  • Les églises soutenues financièrement par une mission ont souvent développé une mentalité de dépendance.
  • Les églises implantées par les missions ont parfois un fort « caractère étranger » dans leur fonctionnement, leurs structures, parfois même les formes de culte.
  • Quelle image la société ambiante reçoit-elle de telles églises ? Comment les membres de telles églises se considèrent-ils ?
  • Quand l’Eglise entretient une mentalité de dépendance, les leaders qu’elle produit ont la même mentalité. Comment ces églises pourront-elles avoir un impact dans la société ? Le renouveau dans la société est lié à la vitalité de l’église.

3- Considérons les structures missionnaires :

  • Elles ne sont pas faites pour durer : on a comparé l’agence missionnaire à un échafaudage, qui sert à construire un bâtiment. Sa présence est normalement temporaire. Mais le bâtiment est-il trop attaché à l’échafaudage ?
  • Elles coûtent traditionnellement très cher.
  • Malgré l’évolution du monde et des mentalités, les missions occidentales ont du mal à se défaire de leur mentalité paternaliste (le passage au partenariat, à la prise de décisions en commun, la délégation de pouvoir aux églises autochtones, se font difficilement).

4- Obstacles et handicaps au mouvement missionnaire occidental :

  • Les missionnaires ont souvent été assimilés aux colons.
  • L’Evangile qui a été présenté ne correspondait pas, dans beaucoup de cas, aux besoins profonds de la population (beaucoup ont « adhéré » à l’Eglise par intérêt).
  • Les missionnaires blancs ont longtemps ignoré les vraies sources de pouvoir dans les sociétés animistes. Les racines occultes sont restées ancrées dans les cœurs. C’est seulement tardivement que l’on a mis l’accent sur « la confrontation de puissances ».

5- Réfléchissons sur le phénomène des « églises indépendantes » :

Beaucoup de leaders d’églises autochtones, formés dans des structures dépendantes de la mission, quittent la dénomination, pour former de nouvelles églises « indépendantes ». Souvent pour de mauvais motifs, ils fuient une structure trop étouffante, qui présente un caractère étranger, à cause de l’influence directe ou indirecte des missionnaires occidentaux.

–> Posons-nous cette question : comment les leaders en place (dans les églises et dans la mission) traitent-ils les initiatives exprimées par leurs membres ?

Souvent, les jeunes leaders qui se heurtent à la hiérarchie, vont ailleurs !

Toute organisation a besoin d’idées fraîches, neuves, pour donner de la vitalité à cette organisation : sinon, elle se fossilise, avec des gens loyaux, mais qui sont incapables de renouveler la vision.

6- Défis actuels concernant les églises autochtones (notamment en Afrique) :

  • Le christianisme est souvent un vernis de surface. La vie des croyants manque de profondeur, ils n’ont pas une expérience profonde de l’Evangile, ni de l’Esprit.
  • Les écoles bibliques sont souvent monoculturelles, donc limitées dans leur impact.
  • Les églises ont peu ou pas de structures locales qui forment et envoient des missionnaires, notamment en Afrique Francophone. Le mouvement missionnaire est stimulé seulement récemment : les églises nationales ne peuvent pas reproduire le modèle missionnaire occidental, car ce type de structures coûte trop cher. Elles doivent donc trouver de nouveaux modèles.
  • Les défis « externes » sont aujourd’hui : l’Islam – le matérialisme venu d’Occident – les diverses philosophies de libération politique – etc.

B/ Quels sont nos véritables buts, en tant que mission ?

Glenn SCHWARTZ, responsable de World Mission Associates écrit :

« Notre responsabilité de chrétiens est de nous trouver les uns les autres, pour nous encourager à devenir tout ce que Dieu veut que nous soyons…En tant que missionnaire, je suis là pour encourager les autochtones à devenir tout ce que Dieu veut qu’ils soient »

C’est dans ce cadre que les chrétiens locaux vont prendre les choses en mains, au sein de la société dans laquelle ils vivent.

C/ Quatre points importants pour les églises autochtones :

    1. Le fait de se sentir « propriétaire » doit précéder la notion d’intendance et de gestion. Quand les gens se sentent propriétaires de l’église, des projets, etc. ils seront prêts à faire les efforts nécessaire pour les gérer et pour réussir.
    2. « Rechercher ce qui est humble ».Transformer des vies, des familles a plus d’impact pour changer le monde que de grosses sommes d’argent ou de grandes structures extérieures. La notion que « tout doit être grand » est purement occidentale !

–> Calculons comment nous pouvons donner du succès aux gens dans leur contexte spécifique, puis enseignons leur la bonne gérance !

Ex : Les petits projets apportent plus de succès et de bonheur que les grands projets.

Apprenons aux gens à donner d’abord leur part, et non chercher d’emblée les finances

extérieures.

Développons les petites entreprises locales ou familiales.

  1. La programmation dans le temps est plus importante que le temps lui-même.Là la l’agence missionnaire a toujours tenu les postes de direction : pour passer à une situation où les églises se dirigent de manière convenable, il faut une bonne planification.« Il y a un temps psychologiquement favorable pour passer le relais » : il faut sentir ce temps, et ne pas le rater !
  2. Les gens sont plus importants que les projets.Nous devons avant tout aider les gens à grandir, l’argent peut être un moyen de manipuler.

D/ Comment passer à une direction autochtone ?

Nous devons avancer, à partir de notre histoire et de notre présent. Ce que nous choisissons aujourd’hui prépare ce que Dieu va faire dans nos vies demain !

La puissance de Dieu peut briser tous les cercles dans lesquels nous nous sommes enfermés.

–> La première étape décisive est de changer de mentalité : vouloir changer l’image que l’Eglise a d’elle même ! Cela n’est pas une question de richesse ni de pauvreté ! Pour cela, il va falloir motiver, développer l’imagination et la créativité des nationaux, les conduire dans un engagement total vers l’autonomie, en commençant par les leaders. Missionnaires et leaders nationaux doivent être convaincus que c’est réalisable, et changer leurs attitudes !

–> Le processus d’indigénisation (ou de prise en charge de la direction par les autochtones) doit être le résultat d’un accord entre missionnaires et églises nationales.

Dangers :

  1. Quand les missionnaires estiment devoir choisir ceux qui les remplaceront et dirigeront l’Eglise. Ils vont choisir ceux qu’ils approuvent, ceux qui ont tendance à entretenir le système qu’ils ont eux-mêmes mis en place.
  2. Les missionnaires qui accordent trop de loyauté « au système » ont tendance à devenir statiques. Ils ne cherchent plus à améliorer le système. Ceux qui remettent en question l’organisation aujourd’hui, sont souvent ceux qui l’enrichiront demain !

Réfléchissons sur les facteurs qui favorisent un mouvement vers une auto prise en charge des églises nationale

Cces facteurs varient selon les endroits :

  • Une révélation directe du Seigneur.Ex : en Afrique du Sud, cinq Pasteurs témoignent qu’ils ont reçu une révélation spéciale, surnaturelle du Seigneur, qui leur a affirmé que leurs besoins de fonds seraient comblés dans leur pays, et non avec de l’argent venu d’outre mer.L’un d’eux était en tournée en Angleterre, l’autre aux USA. Sans se consulter et sur un ordre du Seigneur, ils ont décidé de rentrer dans leur pays sans continuer leur recherche de fonds : Dieu a honoré leur obéissance : dès leur retour dans leur pays, des donateurs locaux ont pourvu à leurs besoins.
  • Un enseignement missiologique correct (du côté des missions) et un enseignement sain sur l’église (dans les églises autochtones).Les missionnaires doivent appliquer des principes bibliques pour l’établissement des églises autochtones. Longtemps, ils ont ignoré les principes qui encouragent l’église nationale à se développer.Exemples encourageants : dans la tribu des Dani, à IRIAN JAYA : 10 ans après l’implantation des premières églises par les missionnaires, ils envoyaient leurs premiers missionnaires à l’étranger, soutenus par leur propre argent.

    En nouvelle Guinée – Papouasie, pour fêter leur 20ème anniversaire, les églises ont payé les billets d’avion aux missionnaires américains qui avaient implanté les premières communautés chrétiennes.

    Les leaders autochtones doivent de leur côté enseigner sainement les églises sur les bienfaits de l’autonomie et de l’auto – financement.

    Exemples encourageants : dans plusieurs pays africains anglophones (Kenya, Zimbabwe, Afrique du Sud, etc. les leaders nationaux d’églises ont décidé de changer de fonctionnement interne, pour ne plus dépendre des donateurs extérieurs. Conduits par le Saint-Esprit, ils ont introduit une réforme dans la manière de penser des gens, afin de trouver et libérer de nouvelles ressources locales.

  • Restructurer l’héritage du passé.Les leaders nationaux doivent courageusement remettre en cause certaines institutions du passé, héritées du système missionnaire, et faire de l’auto – financement un cheval de bataille. Il faut parfois renoncer à certains « privilèges », qui en fait asservissent !Une suggestion : pour améliorer les finances de l’Eglise, les chrétiens hommes d’affaires, chefs d’entreprises, commerçants, peuvent efficacement aider les Responsables spirituels.
  • Une intervention extérieure dans les évènements humains peut accélérer le processus.Ex : Quand le personnel expatrié et les fonds étrangers sont brutalement rapatriés (parfois contre la volonté des personnes engagées).Ceci s’est passé en 1938 en Ethiopie, lorsque l’arrivée de la 2ème guerre mondiale a obligé les missions à quitter le territoire, abandonnant une centaine de chrétiens. A leur retour, 5 ans plus tard, il y avait 10 000 chrétiens, qui se prenaient en charge !

    En 1950, quand les missionnaires ont du quitter la Chine sur ordre du gouvernement communiste, on dénombrait 1 million de chrétiens environ. Aujourd’hui, ils approchent les 100 millions !

    Autre cas : il se peut que des fonds extérieurs, qui alimentent des caisses d’églises, soient brutalement coupés. Par exemple : des fonds publics, ou des sommes alloués par des organisations internationales, qui ne sont plus renouvelés d’une année à l’autre. Ou bien si une mission décide unilatéralement de couper son soutien à une église, pour investir ailleurs (ceci laisse en général beaucoup de mécontentements..)

  • Un réveil spirituel authentique !En Afrique de l’Est, une persécution contre les chrétiens à enseigné à une église comment elle pouvait pourvoir à ses propres besoins. Après la période d’épreuves, l’église locale a vécu un renouveau spirituel, elle a trouvé une nouvelle vigueur. Les croyants ont appris à donner généreusement et joyeusement, le nombre de membres s’est fortement accru. Les fonds étrangers ne représentaient plus que 15% du budget des églises, au lieu de 90%.
  • Un changement d’attitude est nécessaire chez les expatriés.Les missionnaires conscients des réalités, sont des agents importants, pour le changement. Dans la prise de décisions :ils doivent s’effacer et laisser la place aux nationaux.Ils sont en mesure d’accélérer le sentiment psychologique de « propriété locale ».

    Attention aux structures missionnaires parallèles, qui prennent un pouvoir exagéré en donnant ou retirant de l’argent, et exercent ainsi des pressions sur les décisions

Suggestions pour rendre autonome une institution financée de l’extérieur

  • Souvent, les fonds venus de l’étranger (par les missions, les ONG, les gouvernements, organisations supranationales, etc.) entretiennent directement ou indirectement un certain type de fonctionnement. Par exemple : les pasteurs ou autres responsables autochtones reçoivent des salaires ou autres avantages indirects.Il peut y avoir alors des transitions douloureuses ! Retirer les fonds brutalement, et s’attendre à ce que les nationaux prennent le relais est une illusion dans bien des cas ! Cela va engendrer plus de conflits, et d’autres problèmes pour les églises.
  • Il est important de réfléchir sur les modèles d’églises qui ont été véhiculés par les missionnaires occidentaux : ces modèles coûtent parfois cher ! Ils ne sont pas toujours adaptés au contexte des pays pauvres.De plus, la fragmentation en dénominations a multiplié les besoins de structures. Par exemple, on trouve en Afrique une juxtaposition d’Instituts Bibliques dénominationnels, chacun d’entre eux essayant de lever son propre budget.Avec une réelle coopération, les églises pourraient unir leurs ressources et réduire fortement certaines dépenses.
  • Il faut du temps pour que les gens assimilent le fait que la « propriété » leur est transférée, et que si quelque chose doit être entrepris, ce sera par leurs propres efforts. Nous devons travailler à cela dans le temps, former les gens, préparer le terrain.
    • Développons la créativité locale pour mettre en valeur et libérer les ressources
    • Commençons modestement
    • Impliquons les hommes d’affaires qui veulent aider leurs frères et la communauté
    • Inculquons aux chrétiens dès le départ le principe d’honorer Dieu avec leurs ressources.

Beaucoup d’Occidentaux veulent aider sincèrement les plus pauvres, sans tenir compte des effets produits sur ceux qui reçoivent.

Attention : tout en étant très consacrés, nous pouvons utiliser les autochtones pour accomplir nos buts !

Ne volons pas aux pauvres leur sentiment de propre respect, et développons un réel sens de propriété locale !

Principes missionnaires d’implantation d’églises

Principes missionnaires d’implantation d’églises

Principes missionnaires d’implantation d’églises

I/ Les deux structures d’expansion du Royaume de Dieu dans le Nouveau Testament

A/ Etude sur Actes 13,1-4 : Naissance de « L’ŒUVRE » à Antioche

Pour le développement de l’Eglise dans son ensemble, le Seigneur a prévu deux structures :

  1. La structure locale : l’église locale qui est un rassemblement de croyants dans une localité, dirigé par une équipe d’anciens (Actes 14, 22-23) -Sa vocation principale est nourricière et sa vision est principalement locale, mais elle répond également à l’ordre du Seigneur d’aller par toutes les nations.
  2. La structure extra – locale ou missionnaire appelée « œuvre » dans le N.T.L’œuvre, c’est le bras d’expansion de l’Eglise au sein du Corps de Christ pour évangéliser de nouveaux terrains, pour implanter des églises et les édifier.(Aujourd’hui, on désigne souvent l’œuvre par « la mission ».)
  • Cette distinction entre les deux structures est très importante. Les ministères qui composent chacune d’elles ont des sphères de responsabilités différentes. Elles sont autonomes, et complémentaires. Elles travaillent ensemble pour un but commun : Edifier l’ensemble du Corps de Christ et étendre le Royaume de Dieu.
  • Nous voyons ainsi de manière pratique, la complémentarité entre les deux structures : les Ministères de l’œuvre plantent et édifient des églises locales. Celles ci servent de réservoir pour de nouveaux Ministères, qui, au temps de Dieu, peuvent être libérés dans le Corps de Christ, et pour l’extension du Royaume de Dieu.

Dès le départ de l’Eglise, Dieu a utilisé deux structures interdépendantes et complémentaires pour réaliser ses desseins de rédemption pour le monde.

– La 1ère structure est essentiellement nourricière : tous les croyants peuvent être inclus – Elle met l’accent principalement sur l’édification des croyants.

– La 2e structure est dirigée vers l’expansion : elle demande plus de consécration de la part de ceux qui sont membres. Ceux-ci sont sélectionnés et prennent un 2e engagement.

 

Lors de son 1er voyage missionnaire, Paul a emprunté la tradition des « missionnaires juifs » dont parlait Jésus en Matthieu 23,15 (« Ils traversent terre et mer pour faire un seul prosélyte ») – Paul a utilisé ce concept pour former et développer son équipe missionnaire ou apostolique mobile.

B/ Ces deux structures ont pratiquement disparu au fil des siècles,

… suite à la pratique de l’église catholique romaine. Ensuite, les Réformateurs réagirent fortement à la corruption du clergé et des ordres monastiques catholiques, et ils rejetèrent l’organisation de l’expansion.

Avec William CAREY et son plaidoyer pour que les chrétiens mettent en place des « moyens adéquats » pour atteindre les pécheurs de ce monde, qui ont entraîné la formation des premières structures protestantes pour l’expansion missionnaire

C/ Aujourd’hui :

L’utilisation des agences missionnaires pour le travail de l’évangélisation du monde est répandue : ces structures sont-elles conformes au modèle biblique ? Ou ont-elles usurpé une partie du travail qui revient normalement aux églises locales ?

Une organisation para ecclésiale (interconfessionnelle ou non) est une organisation, une association, qui travaille à côté de l’église locale pour accomplir une œuvre spéciale. Elle a une fonction spécialisée (évangélisation – mission – conseil chrétien – relation d’aide – enseignement – jeunesse – groupe social particulier – etc.)

Par cette spécialisation, elle aide les églises locales à mener à bien leurs responsabilités et leurs ministères, mais elles ne peuvent pas les remplacer.

Ces organisations peuvent être reliées ou soumises à une église locale ou une confédération d’églises. Elles doivent garder un bon rapport avec les églises locales. Elles ont une relation d’interdépendance mutuelle, elles font ensemble partie de l’Eglise « Corps de Christ »

D/ Ralph WINTER déclarait :

« Les missions protestantes se sont souvent focalisées sur l’implantation des églises, à tel point qu’elles ont négligé de semer dans ces nouvelles églises la même vision de la mission transculturelle… En d’autres termes, les missionnaires ont souvent implanté des églises qui ne sont pas en bonne santé, car il leur manque une vision missionnaire transculturelle »

II/ Caractéristiques de l’implantation d’églises autochtones

  1. Elle est autonome (elle gouverne elle-même)
  2. Elle se soutient elle-même financièrement
  3. Elle se propage
  4. Elle est revêt un caractère indigène

L’église ne doit pas être une institution étrangère, ni être soutenue par l’étranger. Elle doit être capable de fonctionner de son propre chef.

1- L’église est autonome dans son gouvernement

Nous donnons ici des principes pour l’établissement des églises dans un champ de mission.

  • Commencez à préparer les nouveaux peu après leur conversion pour le jour où ils dirigeront eux-mêmes – Exemple de Paul en Actes 14-v23 et dans toutes ses églises.
  • Ne donnez pas des positions trop vite.
  • La valeur des jeunes et la valeur des hommes âgés dans la direction de l’église.
Le jeune L’homme plus âgé
il peut apprendre plus vite,

il n’a pas de famille pour le gêner,

il peut aller à l’école pour étudier.

il est respecté et reconnu comme dirigeant,

il possède la sagesse de son peuple,

il a un travail et n’a pas besoin d’être soutenu.

mais
il lui manque le respect,

souvent, il n’a pas d’emploi,

il lui manque la maturité.

il ne peut pas aller à l’école pour étudier,

il apprend lentement,

il lui manque la souplesse.

– L’église est gouvernée par les anciens locaux, mais, elle garde une couverture apostolique et tisse des liens avec d’autres assemblées locales.

2- L’église est autonome financièrement

 

Les conséquences de subventionner le pasteur et l’église avec de l’argent extérieur :

  1. Cela décourage l’initiative du pasteur
  2. Le futur de l’église est sacrifié pour un avantage provisoire
  3. On agit contrairement à ce que la Bible enseigne
  4. On n’enseigne pas l’esprit de sacrifice aux gens
  5. Cela affaiblit l’église causant une dépendance vis-à-vis de la mission ou d’une autre église
  6. Cela peut entraîner des problèmes entre le missionnaire et les anciens de l’église
  7. Cela enseigne aux chrétiens et aux dirigeants que « la mission » est la source de revenu.

 

Sept raisons pour lesquelles l’église doit se soutenir elle-même financièrement :

  1. C’est le plan biblique. 1 Cor.9v7-14 ; 1Tim.5v17-18 ; Gal. 6v6
  2. Le soutien du pasteur et de l’église par le moyen des dîmes et des offrandes est un plan logique et équitable. (10 familles doivent soutenir une famille de pasteur) ;
  3. Le bénéfice spirituel de la congrégation exige que l’église se soutienne elle-même
  4. Le pasteur doit sentir une responsabilité envers son peuple plutôt qu’envers la mission.
  5. Quand le serviteur de Dieu met sa confiance en Dieu pour son soutien, sa foi et sa vie spirituelle sont fortifiées.
  6. Finalement le pasteur recevra davantage sans le soutien de la mission
  7. Ceci ouvrira la porte pour une expansion sans limite.

Comment enseigner les croyants à donner leurs dîmes et leurs offrandes pour le soutien de l’église ?

  1. Commencez immédiatement à enseigner les nouveaux convertis à donner à Dieu. C’est plus facile au commencement qu’après des années.
  2. Le pasteur peut travailler de ses mains (comme Paul : 1Cor.9) pour pourvoir aux besoins de sa famille
  3. Les frais de l’église doivent être payés par les membres pour leur enseigner la responsabilité.

3- L’église se propage

  • L’église doit être capable d’évangéliser. Sinon, nous faillerons à achever notre but. La tâche est trop grande pour que les missionnaires fassent tout le travail d’évangélisation.
  • Toute l’église doit être mobilisée, motivée et enseignée.
  • Chaque église doit avoir un programme d’évangélisation. Elle doit envisager l’établissement des annexes, des missions et même fonder des églises dans les villages ou villes plus loin.
  • Les laïcs devraient être utilisés. Le pasteur doit former des hommes de l’église pour qu’ils prennent leur place comme dirigeants. Ils deviendront les anciens et les pasteurs des nouvelles œuvres.
  • Toutes sortes de programme peuvent être employées. Mais le missionnaire ne doit pas commencer un programme que les indigènes ne pourront continuer.

4- L’église est indigène dans sa forme et son fonctionnement

L’église n’est pas une institution étrangère. L’église doit s’adapter au peuple et à sa culture.

  • Les dirigeants sont majoritairement des indigènes
  • La langue utilisée doit être leur langue
  • Leur musique doit être utilisée, aussi bien que l’architecture de leurs édifices. Leur manière de faire les choses doit être observée.
  • C’est pourquoi le soutien doit venir de leurs poches
  • Ne pas suivre ces règles engendrera des conséquences : Les gens du pays ne s’identifieront pas au message et ne s’y intéresseront pas. Pour eux, ce sera une « religion des étrangers ». Les mécontents trouveront là une raison pour se séparer et former leur église, plus « indigène ».