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Tendances actuelles dans la mission à court terme

Le mouvement des missions à court terme a commencé dans les année 1970 dans le monde anglophone, notamment parmi la jeunesse chrétienne. En 2003, une étude américaine estimait à plus de 1 million le nombre de personnes qui partent chaque année pour un service missionnaire à court terme.

On distingue :

  • Ceux qui partent pour une période de deux à six semaines, le temps de leurs vacances annuelles.
  • Ceux qui partent plusieurs mois, un an, voire jusqu’à deux ans (professionnels qui prennent un temps sabbatique – retraités – jeunes volontaires – etc.)

Les missionnaires à court-terme peuvent vivre une expérience très enrichissante et en même temps avoir un impact positif au sein de la communauté qu’ils vont servir. Pour cela, il faut une préparation convenable.

Diverses expériences :

Jeunesse en Mission (YWAM), Opération Mobilisation (O.M), Youth Evangelism Mission (programme mennonite), et beaucoup d’autres ont mis en place de sérieux programmes de formation pour ceux qui partent à court terme :

  • A la base, une solide formation de disciple
  • Une introduction aux questions transculturelles, notamment : les différences de  vision du monde – comment les gens d’autres religions adorent et pensent. Cela développe la sensibilité aux différences de cultures chez les futurs missionnaires.
  • Une formation au combat spirituel.
  • Une prise de conscience comment nous, occidentaux, sommes perçus par le reste du monde.
  • Une formation aux notions de travail en équipe : celle-ci oblige chacun à prendre d’abord conscience de lui-même en tant qu’individu, de ses forces et ses faiblesses personnelles – ensuite, cela signifie comprendre les autres, ceux qui font partie de la même équipe de service.

Avant d’envoyer ses disciples pour un  service à court terme, Jésus leur a dit : « Soyez prudents comme des serpents, et simples comme des colombes »    – Matthieu 10,16 –  Le fait d’écouter, d’apprendre et « d’être » sont essentiels pour un ministère efficace.

Pourquoi certaines expériences tournent mal …

  1. Dans la préparation des ouvriers à court-terme, on met trop l’accent sur l’aspect « faire du bien aux autres » (beaucoup d’occidentaux veulent aider ceux qu’ils perçoivent comme étant dans le besoin). Le « faire » (ce que nous accomplissons) est souvent en contradiction avec « l’être » (qui nous sommes).Danger : parfois on met l’importance sur le « faire », parce que l’on veut absolument faire un rapport en rentrant sur « ce que nous avons réalisé » !

    Attention : les missionnaires à court-terme peuvent revêtir un air de supériorité. Ils jugent les autochtones, sur la base de leurs propres convictions. Les besoins ressentis, les standards de vie ne sont pas les mêmes.

  2. En tant qu’occidentaux, nous considérons souvent dans notre arrière-plan que les « expatriés » peuvent faire le travail mieux que les « locaux ». Il y a encore derrière cela un sentiment de supériorité, une arrogance, qui sont très vite perçus par les autochtones.
  3. Les occidentaux donnent souvent l’impression que leur richesse constitue le secret pour aider les gens à entrer dans une juste relation avec Dieu.Nous devons apprendre qui est réellement pauvre, et comment l’aider de façon appropriée. Il y a des personnes que nous devons réellement aider : le défi est de trouver comment les aider, sans leur laisser l’impression qu’elles sont trop faibles, trop désespérées et trop peu informées pour pouvoir faire quelque chose elles-mêmes pour leur situation. Souvent, des églises dépendantes de l’extérieur vivent au milieu de ressources adéquates pour elles-mêmes et pour le travail que Dieu les appelle à accomplir.
  4. Examinons la question de la propriété : trop souvent, les expatriés se considèrent comme « propriétaires » des projets dans lesquels ils sont impliqués. Ils font des œuvres « pour les autochtones » : cette mentalité n’est pas acceptable.
  5. Les ouvriers à court-terme ont souvent une formation inadéquate pour communiquer l’Evangile de manière transculturelle. Ceci est un art difficile !Cela concerne par exemple : la gestuelle – le contact visuel – le toucher – le langage – etc. Très souvent, nous enfreignons malgré nous les règles sociales.

Comment corriger de telles attitudes ?

  • Envoyons un groupe de missionnaires à court-terme pour apprendre, et non pour transmettre un savoir-faire occidental.
  • N’isolons pas ce groupe dans une base missionnaire où l’on vit «à l’européenne» ni dans un hôtel occidental. Permettons aux courts-termes de vivre humblement et avec reconnaissance dans les foyers de leurs hôtes autochtones.
  • Orientons les missionnaires à court-terme vers une attitude d’apprenants, laissant de côté les comportements de supériorité et étant ouverts aux idées des autochtones.